Par
Glenn Gillet
Publié le
12 janv. 2026 à 6h04
C’est inédit à Paris. Pour la première fois, une salle d’escalade accessible à tous et regroupant les trois disciplines olympiques (bloc, difficulté et vitesse) s’implante dans la capitale. Direction le 19e arrondissement pour découvrir Karma La Villette, infrastructure installée dans le parc éponyme dans un bâtiment qui accueillait jusqu’en 2011 le cinéma dynamique futuriste Cinaxe. L’ouverture au public de ce lieu de 1 000 m² né d’une initiative de la Fédération française de montagne et d’escalade (FFME) a eu lieu jeudi 8 janvier 2026.
Murs de 14 mètres de haut, 70 lignes d’assurage…
C’est Lucas Brondy, ingénieur et chef de projet équipement de Karma La Villette, qui nous fait visiter. À l’intérieur de l’édifice entièrement rénové et qui donne sur une grande terrasse en bordure du canal Saint-Denis, on retrouve une grande salle principale avec des murs d’escalade culminant à 14 mètres de haut et équipés de 70 lignes d’assurage.
La plupart sont dédiés à la pratique de la « difficulté », aussi appelée « voie » par les pratiquants : accroché à une corde et assuré par une autre personne ou par un enrouleur automatique, le grimpeur progresse peu à peu, souvent en s’y reprenant plusieurs fois. Au dernier étage : 45 mètres linéaires de « bloc », où on enchaîne les voies de plus en plus complexes à faible hauteur.
On retrouve aussi des murs de « vitesse » : souvent deux voies identiques où le but est d’arriver le plus vite en haut. « On a tous en tête les images des JO et justement les gens vont pouvoir tester et voir que les athlètes ne sont pas tractés par la corde pour arriver jusqu’en haut », s’amuse Lucas Brondy.
« C’est vraiment bien d’avoir une salle comme ça dans Paris »
Avec leur fils Elyott, Sara et Ludovic sont venus de Montfort-l’Amaury (Yvelines) pour découvrir Karma ce dimanche. Amatrice de grimpe « depuis plus de quatre ans », la famille est ravie de pouvoir tester « des prises neuves » dans cet endroit « très sympa », partage Ludovic. « Ce qu’on cherche nous, c’est d’avoir à la fois du bloc et de la voie donc ici ça a l’air très bien », abonde Sara. « Et de la vitesse ! », ajoute Elyott, tout sourire.
Pour Loïc, jeune papa, c’est le premier retour en salle depuis quatre mois. Pour cet habitant du quartier Marx-Dormoy habitué à se rendre dans les grandes salles d’Aubervilliers et Rosa-Parks, « c’est vraiment bien d’avoir une salle comme ça dans Paris où on peut faire de la voie et du bloc. Ça peut devenir une vraie option régulière pour moi ».
Anne Grospeillet-Quintin, directrice de la FFME, explique la fédération a souhaité investir ce lieu pour saisir « l’opportunité » d’ouvrir une salle à but commerciale à Paris, dans le contexte de l’explosion de la pratique, qui a donné lieu à une multiplication des salles privées estampillées Arkose, Climb Up, Climbing District ou encore Vertical Art. Il s’agit de la deuxième salle fédérale d’Île-de-France, après celle inaugurée en 2016 à Fontainebleau (Seine-et-Marne), terre promise des grimpeurs franciliens.
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3,4 millions d’euros de travaux
L’idée reste de permettre au plus grand monde de découvrir les différentes facettes de l’escalade et le monde des clubs, qui passent par l’acquisition d’une licence. Des projets seront menés avec des publics scolaires et dans les quartiers aux alentours dans les prochains mois.
Coût total des travaux : 3,4 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires estimé, en fourchette basse, à un million d’euros par mois. L’intégralité des recettes, issues principalement des entrées (à des tarifs dans la moyenne de ce qui se fait à Paris) permet de financer le fonctionnement et les projets de la FFME, ainsi que les salaires des huit employés du site.
Interrogé sur les récents témoignages de souffrance au travail dans plusieurs réseaux de salles d’escalade, notamment à Paris, Lucas Brondy confie « avoir vécu » ces difficultés en travaillant dans des réseaux privés, mais estime que « comme tout endroit où on recherche principalement le profit, des dérives peuvent s’installer ».
Anne Grospeillet-Quintin insiste de son côté sur la volonté de la FFME de ne pas reproduire les erreurs de managements des salles privées. « Ici, les collaborateurs font partie du cercle plus large de la fédération et pas seulement d’une salle, et la philosophie est la même pour tous : une possibilité d’évolution professionnelle, des niveaux de rémunération très corrects et une application stricte du droit du travail et des conventions collectives. On veut rester attentifs », confie la responsable.
Infos pratiques : Karma La Villette – Quai de la Charente, 75019 Paris. Ouvert 7 jours sur 7, de 7h à 23h.
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