Publié le
11 janv. 2026 à 8h40
Un miroir aux alouettes. Au début des années 2010, le Tout-Paris s’éprend du projet porté par Cédric Naudon. Auréolé d’une étoile Michelin, cet entrepreneur, doté d’une réputation naissante, s’imagine en architecte d’une utopie gastronomique entre la place de la République et le Conservatoire des arts et métiers, dans le quartier du Marais. C’est là qu’il souhaite réunir les meilleurs chefs autour de « La Jeune Rue », une marque aisément exportable. Or, les promesses se heurtent rapidement au réel et finissent par s’envoler. Depuis début janvier 2026, cette histoire est racontée par Canal + dans le documentaire L’Arnaqueur de Paris : mensonges et gastronomie réalisé par Aurore Aubin et narré par le journaliste et romancier Paul-Henry Bizon.
Dettes, impayés, salaires non versés…
L’enquête met avant tout en lumière la croyance du Tout-Paris dans un homme d’affaires prêt à tout pour l’appât du gain. « La Jeune Rue » devait constituer son trésor. 36 restaurants et commerces étaient imaginés pour construire un écosystème dans lequel viendraient consommer des clients aisés. En 2013, le projet, estimé à 60 millions d’euros, séduit banquiers, politiques, chefs ou encore journalistes. « Il y a un côté Gatsby le magnifique », reconnaît un intervenant dans le documentaire.
Mais rapidement, le doute s’installe. En novembre 2014, une enquête du Monde révèle que Cédric Naudon cumule les dettes et les factures impayées. Des finances particulièrement instables qui conduisent la Banque publique d’investissement et d’autres acteurs à se désengager de « La Jeune Rue ». Ces déboires se matérialisent également par des salaires non versés aux employés des restaurants possédés par l’homme d’affaires.
Interrogé par France Inter dans un podcast, le critique gastronomique François-Régis Gaudry évoque également des « fournisseurs qui avaient toutes les peines du monde à obtenir l’argent » de la Jeune Rue. La supercherie est révélée, et son auteur, Cédric Naudon, apparaît dans l’œil de la justice.
En 2021, il est condamné à quatre ans de prison, dont trois ferme, pour escroquerie, tentative d’escroquerie et abus de biens sociaux. Une chute brutale.
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