Alors que l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur continue de susciter une vive contestation dans le monde agricole, le gouvernement promet un renforcement inédit des contrôles sur les produits importés. Invitée sur le plateau de la matinale de BFMTV et RMC ce lundi 12 janvier, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a détaillé la création prochaine de «brigades de contrôles».

Selon elle, ces brigades doivent répondre à l’une des principales inquiétudes des agriculteurs français : l’entrée sur le marché européen de produits ne respectant pas les mêmes normes sanitaires, environnementales ou sociales que celles imposées aux producteurs européens. Des craintes ravivées par l’accord UE-Mercosur, qui prévoit une baisse des droits de douane sur de nombreux produits agricoles sud-américains, notamment la viande bovine, le sucre ou encore la volaille. Pour mettre en place ces nouvelles brigades, le gouvernement entend s’appuyer sur un redéploiement des effectifs existants.

Une brigade de «plusieurs dizaines de douaniers»

«A la suite du Brexit, l’Union européenne a conclu des accords avec le Royaume-Uni, ce qui va libérer des personnels qui étaient dédiés aux contrôles des importations britanniques», a expliqué Annie Genevard. Ces agents pourront donc être mobilisés pour renforcer les contrôles aux frontières françaises. La ministre travaille sur ce dossier avec Amélie de Montchalin, ministre chargée des Comptes publics et des Douanes, afin de «mettre sur pied cette brigade le plus vite possible». «On voit bien que les mouvements de blocage sur le port du Havre ou dans le nord de la France pointent du doigt le sujet des contrôles», a-t-elle souligné.

Alors que seuls 18 douaniers doivent être recrutés cette année en France, Annie Genevard promet la mise en place d’«une brigade beaucoup plus nombreuse», composée de «plusieurs dizaines de douaniers». Ces «personnels dédiés» auront pour mission de renforcer les «analyses» sur les produits importés et seront chargés de lutter contre la «francisation», une pratique frauduleuse consistant à faire passer pour français des produits étrangers. «C’est un délit», a rappelé la ministre de l’Agriculture.

Interrogée sur le calendrier, Annie Genevard a évoqué une mise en œuvre «au premier trimestre ou au premier semestre 2026». D’ici là, le débat autour de l’accord UE-Mercosur, qui doit encore être ratifié par le Parlement européen, continue d’alimenter tensions politiques et mobilisations sur le terrain.