Dans ce choc de reprise, Nissa Rugby n’a pas laissé la moindre chance à une équipe de Périgueux résiliente (43-27) montrant ainsi l’étendue de sa force de frappe offensive avec sept essais au compteur.

Et si, au final, la déconvenue enregistrée à domicile face à Albi avait servi d’électrochoc et réveillé la colère de Nissa Rugby qui, jusqu’alors, semblait ronronner dans ce championnat ? Car depuis, les tableaux d’affichage s’affolent et les essais s’enchaînent. Pour ce match de reprise, c’est Périgueux, un adversaire direct à la qualification, qui a fait les frais de la furia azuréenne, traduite par un troisième match consécutif à plus de quarante points. « Nous redevenons l’équipe qu’on avait commencé à être en tout début de saison », explique l’ailier Clément Egiziano auteur d’un match plein. « Par la suite, quand on a connu quelques défaites à l’extérieur, nous avons commencé à nous brider, à jouer la dépossession et un rugby qui ne nous souriait pas. Quand on tient le ballon, qu’on fait des passes et qu’on joue nos duels, nous sommes une équipe bien plus dangereuse. Depuis le match à Rennes, nous avons compris ça. »

Sept marqueurs différents

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que face au CAP, il y en a eu pour tous les goûts, tant l’aigle niçois a fait l’étalage de son arsenal offensif. Des essais de costauds sur des groupés-pénétrants, d’autres en première main ou suite à des mouvements d’envergure balayant le terrain sur plusieurs temps de jeu, et certains venus de courses folles ou de contre-attaque de plus de quatre-vingt mètres. Sept réalisations par sept marqueurs différents, n’en jetez plus ! Une sorte de rugby total bien servi par une conquête de haut vol comme toujours. « Il y a eu une bonne osmose entre avants et trois-quarts, savoure l’ailier niçois. C’est agréable de commencer 2026 de cette façon avec un groupe uni qui a envie de jouer les uns pour les autres et une belle force collective. »

« Depuis le début de la saison, la conquête est vraiment notre point fort, poursuit Baptiste Lafond. Les avants ont été irréprochables et il faut les féliciter. C’est la base du rugby et derrière, nous profitons de ça. » De là à parler de match référence ? « Je pense qu’on le cherche encore, nuance le centre niçois. Il y a eu de très belles choses, c’est sûr, mais nous prenons quand même vingt points à domicile et nous avons encore quelques minutes de trous d’air durant lesquelles nous retombons dans nos travers. C’est ce que nous devons corriger dès la semaine prochaine pour la venue de Bourgoin. »

Côté périgourdin, l’entraîneur Didier Casadei se veut fataliste : « C’était un match de reprise. Nous ne sommes revenus au boulot qu’en début de semaine et avec les températures qu’il y avait, nous n’avons pas trop pu nous entraîner et préparer ce déplacement comme on l’espérait. La partie a été difficile car Nice a été performant, costaud, opportuniste. Il y a une situation compliquée moralement, à 12 à 6, quand on prend un essai de cent mètres. Cela nous a mis un peu loin au score. Mais l’équipe a fait preuve de volonté et de résilience. Nous nous sommes accrochés pour finir à seize points d’écart, ce qui correspond, je le pense, à la physionomie du match. L’objectif initial était de donner une bonne image de notre groupe et du club et à ce niveau nous avons montré du cœur et du caractère. Le point négatif, ce sont surtout les blessures qui s’accumulent. Il faudrait qu’elles nous épargnent car nous n’avons pas non plus un effectif pléthorique. »