Une femme présentant une éruption cutanée liée au virus Mpox.Les lésions du Mpox débutent par une éruption qui évolue en vésicules puis en pustules, avant de sécher et de cicatriser en quelques semaines. © Freepik

Depuis la mi-décembre, le Mpox circule de nouveau de façon active à Madagascar. 23 cas ont été confirmés biologiquement et 156 patients sont considérés comme suspects, soit 179 personnes prises en charge au total. Pour l’instant, les autorités sanitaires malgaches indiquent qu’aucun décès n’a été rapporté à ce stade.

La majorité des cas se concentre dans la région de Mahajanga, au nord-ouest de l’île, identifiée comme l’épicentre de cette flambée. D’autres régions, dont Analamanga, font l’objet d’une surveillance renforcée. Face à cette progression, le ministère de la Santé publique de Madagascar a activé un plan d’urgence sanitaire, incluant la recherche active des cas, le suivi des contacts et le renforcement des messages de prévention.

Retour du virus : où en est l’épidémie de Mpox ?  Mpox : quels sont les symptômes de la variole du singe ? 

Le Mpox est une infection virale transmise principalement par contact direct avec les lésions cutanées ou les muqueuses d’une personne infectée. La transmission indirecte via des objets contaminés (linge, vêtements) est possible. La transmission respiratoire existe, mais nécessite des contacts étroits et prolongés.

Après une incubation pouvant aller de 5 à 21 jours, les symptômes associent le plus souvent fièvre, maux de tête, douleurs musculaires et une éruption cutanée caractéristique. La période de contagiosité dure jusqu’à la cicatrisation complète des lésions, généralement de deux à trois semaines.

Lors de l’épidémie de 2022-2023, la majorité des cas observés en France ont évolué favorablement. Les formes graves restent rares et concernent surtout les personnes immunodéprimées.

Variole du singe : un premier cas importé confirmé à Mayotte

La crainte d’une exportation du virus depuis Madagascar s’est matérialisée début janvier dans l’océan Indien. À Mayotte, l’Agence régionale de santé a confirmé un premier cas de Mpox importé, chez une personne récemment arrivée de Madagascar. Il s’agit, à ce stade, du seul cas identifié sur le territoire mahorais.

Selon les informations communiquées par l’Agence régionale de santé de Mayotte, le patient avait été informé des recommandations sanitaires diffusées aux voyageurs en provenance de zones concernées par la circulation du virus. À l’apparition de symptômes évocateurs, il a consulté rapidement, permettant une prise en charge précoce.

Le diagnostic a été confirmé biologiquement et le patient a été pris en charge au Centre hospitalier de Mayotte, dans un circuit de soins sécurisé, conformément aux protocoles en vigueur. L’isolement a été mis en place sans délai, et une enquête autour des personnes contacts a été engagée afin de prévenir toute chaîne de transmission secondaire. À ce stade, aucun cas secondaire n’a été détecté.

Mpox : que faire si vous présentez des symptômes ? 

Les autorités sanitaires rappellent des mesures simples, déjà éprouvées, destinées à limiter les risques de transmission, en particulier pour les voyageurs et les personnes exposées :

  • Consulter rapidement un médecin en cas de fièvre, d’éruption cutanée ou de symptômes inhabituels après un séjour dans une zone où le Mpox circule.
  • Éviter les contacts rapprochés (peau à peau, rapports sexuels, partage de linge ou d’objets personnels) en cas de symptômes.
  • Se laver régulièrement les mains et respecter les gestes d’hygiène de base.
  • Suivre les consignes sanitaires diffusées aux voyageurs à l’arrivée ou au retour de zones à risque.
  • Respecter l’isolement lorsqu’il est recommandé par un professionnel de santé, jusqu’à la cicatrisation complète des lésions.

La France métropolitaine face au risque de cas importés

En France métropolitaine, les autorités sanitaires ne minimisent pas la situation. Le risque de voir apparaître des cas importés de Mpox est jugé réel mais limité.

Depuis la grande épidémie mondiale de 2022, la France s’est dotée d’un dispositif de surveillance spécifique, piloté par Santé publique France et décliné au niveau local par les agences régionales de santé. Le Mpox fait l’objet d’un signalement obligatoire, ce qui permet une remontée rapide des informations dès l’identification d’un cas suspect ou confirmé.

Les professionnels de santé disposent aujourd’hui de protocoles clairs : 

  • identification des symptômes évocateurs, 
  • confirmation biologique, 
  • isolement du patient, 
  • enquête autour des contacts étroits, 
  • et, si nécessaire, mise en place de mesures de prévention ciblées. 

Ces procédures, éprouvées lors des vagues précédentes, sont régulièrement mises à jour en fonction de l’évolution de la situation internationale. La question vaccinale fait également partie de l’arsenal. En France, la vaccination contre le Mpox n’est pas généralisée, mais recommandée de manière ciblée pour certaines populations exposées ou dans le cadre d’une stratégie dite « en anneau », autour des cas confirmés. Une approche proportionnée, conçue pour contenir rapidement les chaînes de transmission sans recourir à des mesures larges et contraignantes.

Épidémie de Mpox : le point de situation international Mpox : une vigilance sanitaire désormais mondiale

Au-delà de l’océan Indien, la circulation persistante du Mpox s’inscrit dans un contexte sanitaire mondial toujours sous surveillance. Depuis la grande flambée de 2022, le virus n’a jamais totalement disparu et continue de circuler de manière endémique dans plusieurs régions d’Afrique, en particulier en Afrique centrale et de l’Est. 

L’Organisation mondiale de la santé rappelle régulièrement que le Mpox demeure une urgence de santé publique de portée internationale, en raison de la coexistence de foyers actifs et de la multiplication des déplacements internationaux. 

Si l’intensité de la transmission varie fortement selon les régions, le risque n’est plus celui d’une pandémie incontrôlée, mais celui de réémergences localisées, parfois exportées, nécessitant une réponse rapide et proportionnée.

Épidémie de Mpox : quelles mesures ont été prises dans différents pays ?

Face à cette circulation mondiale du Mpox, plusieurs pays ont adapté leur stratégie sanitaire, avec des approches souvent similaires :

  • En Afrique centrale et orientale, notamment en République démocratique du Congo, les autorités renforcent la surveillance épidémiologique, la prise en charge des cas et les campagnes d’information, malgré des systèmes de santé parfois fragilisés.
  • Au Royaume-Uni, la surveillance des cas importés reste active, avec un suivi particulier des voyageurs et le maintien de recommandations vaccinales ciblées pour les personnes exposées.
  • Aux États-Unis, les autorités sanitaires poursuivent une stratégie fondée sur le signalement obligatoire, l’isolement des cas confirmés et la vaccination ciblée, notamment dans certaines populations à risque.
  • En Europe, la majorité des pays ont opté pour une approche commune : détection précoce, information du public, mesures ciblées autour des cas, sans restrictions généralisées de déplacement.

À SAVOIR 

Le virus a été identifié pour la première fois en 1958, lors d’épisodes observés chez des singes en laboratoire, avant que le premier cas humain ne soit documenté en 1970, en République démocratique du Congo, alors que la variole humaine venait d’être éradiquée.

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