Par
Amandine Vachez
Publié le
12 janv. 2026 à 15h38
C’est une expérience inédite et originale, qui vous attend à l’IMA, Institut du monde arabe, de Tourcoing (Nord), jusqu’au 8 février 2026. Une exposition sur Bagdad, retraçant son histoire, a été conçue par l’IMA avec le concours de l’éditeur d’un célèbre jeu vidéo : Assassin’s Creed. Les équipes ont travaillé de concert pour mettre en valeur les collections muséales dans une proposition expérientielle originale. À Tourcoing, une installation inédite vous permet même de flâner dans le souk de la ville à une autre époque, avant sa destruction. Zoom sur les secrets de constitution d’une telle exposition, qui attire les foules.
Mettre en lumière « une période historique captivante » d’une manière inédite
Dans l’exposition Bagdad, redécouvrir Madinat Al-Salam, le visiteur est transporté dans la « cité de la paix » d’un autre temps. « Grâce à de nombreux objets d’époque abbasside, issus des collections de l’Institut du monde arabe, mis en scène dans les décors imaginés par les équipes d’Assassin’s Creed Mirage, 13e opus majeur de la série vidéoludique d’Ubisoft, l’exposition met en lumière une période historique captivante, une zone géographique essentielle et une civilisation brillante », décrit le commissariat d’exposition. « Elle donne à voir la splendeur d’une ville-monde en plein âge d’or : Bagdad. »
Ce projet, inédit, est né il y a plusieurs années. L’éditeur de jeux vidéo Ubisoft s’est, comme à son habitude, entouré d’une équipe de spécialistes pour concevoir le jeu « Mirage », sorti en octobre 2023. « Pour chaque jeu, nous constituons un codex, une encyclopédie avec des entrées sur des éléments historiques », présente Romain Fascialé, co-commissaire de l’exposition travaillant chez Ubisoft.
L’éditeur, qui compte dans ses équipes des historiens, va à la rencontre de spécialistes pour construire un monde virtuel qui soit le plus fidèle possible à la réalité d’une époque. C’est d’ailleurs ce qui fait en partie le succès d’Assassin’s Creed. Tout, autour de la culture, du patrimoine, de la vie quotidienne, de la religion et de l’économie, est étudié.
Des collections du musée dans le jeu au jeu dans la salle d’expo
Pour le jeu « Mirage », les équipes ont travaillé avec l’Institut du monde arabe. Dans le codex, on peut d’ailleurs voir des objets des collections du musée de Paris : une gourde, un vase et un bol. C’était là la première étape d’un partenariat qui a été plus loin. À Paris, le musée compte une galerie dédiée aux villes arabes. Le musée a proposé qu’une vidéo soit ajoutée, pour enrichir le parcours de visite. Une vidéo de 4-5 minutes montrant une journée à Bagdad, du lever du soleil jusqu’au coucher, a été réalisée dans les studios Ubisoft de Bordeaux. « On découvre toute la splendeur de la ville, avant sa destruction : le palais, les jardins, les quartiers de la ville ceinturée de remparts gigantesques », commente Romain Fascialé.
Le succès de cette proposition pousse la réflexion plus loin, et les équipes pensent à monter une exposition. En février 2024, elle voit le jour à Paris, avant de migrer dans les locaux de Tourcoing, dès septembre 2025 et jusqu’à janvier 2026 à la base, pour être finalement prolongée jusqu’au 8 février.
On se nourrit l’un et l’autre, avec le musée. Les objets intégrés à notre codex sont la reconnaissance de notre valeur historique. Et pour le musée, faire cette proposition permet d’attirer un autre public.
Romain Fascialé, co-commissaire d’exposition, travaillant chez Ubisoft.
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Bagdad, « la véritable star de cette exposition »
À Paris comme à Tourcoing, de nombreux curieux – et férus du jeu vidéo – ont bousculé les portes de l’IMA pour découvrir cette exposition. Mais si on y retrouve de nombreux détails liés au jeu (des personnages, des plans, et même une expérience immersive au cœur du souk de la ville sur-mesure pour Tourcoing), la star de l’exposition reste son sujet. Romain Fascialé insiste : « Tout s’organise autour des objets des collections de l’Institut du monde arabe. Les contenus que l’on propose sont additionnels, et permettent de s’immerger dans l’univers. La véritable star de cette exposition, c’est Bagdad. C’est la redécouverte de cette ville médiévale qu’on connaît très peu dans notre culture occidentale, la capitale d’un empire gigantesque. » Bagdad, ville du progrès (capitale politique, scientifique, culturelle et marchante), ville-monde, cité effervescente en plein âge d’or, avant sa destruction par les Mongols au 13e siècle.
Une partie dédiée au « concept art »
Dans cette exposition, le visiteur est plongé au cœur de la création du jeu mirage. Toute une partie ouvre les coulisses du « concept art ». Les métiers qui ont permis de réaliser cette reconstitution virtuelle de Bagdad sont mis en avant, avec des étapes de travail dévoilées. Un moyen de voir aussi comment les équipes travaillent de concert. Car Romain Fascialé insiste : « C’est vraiment une co-création avec l’IMA. C’est une première, historique pour nous, avec un commissariat d’exposition partagé. »
Et c’est un parti pris qui fonctionne, puisque l’exposition a été prolongée à Tourcoing, et que les créneaux réservés aux scolaires sont déjà bookés. « C’est un succès colossal », affirme notre interlocuteur qui l’annonce mais sans donner plus de précisions : l’installation est vouée à partir en itinérance.
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