Dans des conditions encore difficiles, comme à Glasgow, les Toulousains se sont inclinés. Comme en écosse aussi. Et ont hypothéqué leurs chances.

Difficile de dire que les Toulousains n’étaient pas prévenus. Et qu’ils n’avaient pas reçu un sérieux avertissement à Glasgow, voire davantage même, puisque la défaite en écosse avaient déjà compliqué la tâche stadiste dans la compétition. Les conditions climatiques ? Les mêmes : un crachin incessant et surtout un fort vent. à la différence qu’il soufflait cette fois contre les Rouge et Noir en première mi-temps. L’équipe en face ? Du même acabit également, à savoir qu’elle était composée de plusieurs internationaux de premier plan. « Il suffit de regarder leur composition et leur palmarès pour comprendre à quel point cette équipe est solide, disait Antoine Dupont avant la rencontre. Ce qu’ils réalisent cette saison à domicile est impressionnant. Ils marquent beaucoup d’essais, imposent un rythme élevé et savent étouffer leurs adversaires. On sait exactement où on met les pieds. » Et il ne fallait donc pas réitérer les mêmes erreurs que le mois dernier quand, malgré vingt et un points d’avance à la pause, les troupes d’Ugo Mola s’étaient écroulées en deuxième période. Voilà peut-être pourquoi elles ont d’emblée posé la main sur le ballon et imposé de longues séquences aux Anglais. Pendant près d’une demi-heure, les visiteurs ont livré une partition quasiment parfaite et, s’ils ont certainement manqué d’un peu d’efficacité, ils avaient même réussi à convertir leur domination avec un essai de Blair Kinghorn au terme d’une magnifique action collective.

Onze minutes fatales

Assez pour étouffer ces Sarries et surtout se dégager un brin le chemin des phases finales ? Sûrement pas. Ces dernières semaines, les Toulousains ont cette fâcheuse tendance à connaître de gros temps faibles, durant lesquelles ils encaissent beaucoup de trop de points. Il a suffi d’un dégagement contré de Dupont pour inverser totalement la tendance. La conséquence ? Trois essais en onze minutes. Lourd, très lourd. Mais Dupont avait aussi clamé jeudi : « On entre dans un match presque éliminatoire, ou en tout cas un match qui pourrait nous placer dans une situation très inconfortable pour la suite. Maintenant, c’est à nous d’apporter les bons ingrédients, de montrer une vraie force collective dans l’état d’esprit et de prouver qu’on a l’ambition d’aller loin dans cette compétition. » Le mot d’ordre était donc clair au retour des vestiaires. Avec le vent dans le dos, les Français devaient se comporter en patrons. Et écrire de nouveau leur propre histoire, pour demeurer maîtres de leur destin. Ils ne le sont plus, malheureusement et définitivement. Malgré un essai rapide de Matthis Lebel, ils n’ont pas su sortir de l’enfer londonien. Et leurs ambitions en Champions Cup en ont pris un énorme coup.