Les rayons des supermarchés restent dégarnis après plusieurs mois de pénurie, accentuée par les intempéries et la hausse de la consommation. La production nationale, en pleine transition vers le plein air, peine à rattraper le déficit malgré les importations.

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Publié le 12/01/2026 08:39

Temps de lecture : 3min

Un rayon de supermarché, le 23 décembre 2025 (photo d'illustration). (JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Un rayon de supermarché, le 23 décembre 2025 (photo d’illustration). (JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Nous observons depuis plusieurs mois une pénurie d’œufs dans les rayons des supermarchés et la situation ne risque pas de s’arrangner. Vous l’avez peut-être constaté durant le week-end du 10 et 11 janvier en faisant vos courses : des rayons dégarnis, voire vides. Toutes les enseignes font face à des ruptures d’approvisionnement. La semaine dernière a été particulièrement tendue, car les livraisons ont été perturbées par la neige et la tempête. Les camions ne pouvaient pas livrer. Ces intempéries sont venues s’ajouter aux problèmes que l’on connaît depuis plusieurs mois déjà, liés à un déséquilibre entre l’offre et la demande.

Nous consommons beaucoup plus d’œufs qu’avant. C’est une protéine saine, facile à cuisiner et bon marché, en tout cas moins chère que la viande. En France, nous en consommons plus de 220 par an et par personne. Au total, cela représente un besoin supplémentaire de 300 millions d’œufs par an. La production n’arrive pas à suivre.

Elle progresse déjà, mais pas assez vite, malgré un vaste plan national destiné à accompagner de nouveaux éleveurs. Il faut plusieurs mois entre le moment où un éleveur s’installe et celui où sa production atteint son rythme de croisière. Pour répondre à la demande, il faudrait ajouter un million de poules pondeuses par an aux 47 millions déjà présentes en France. De plus, la filière est en pleine transformation, avec un objectif clair : que la quasi-totalité des poules pondeuses soient élevées en plein air plutôt qu’en cage. Cela implique la construction de nouveaux poulaillers et de nombreux aménagements.

En attendant d’augmenter la production, le recours à l’importation reste limité. La France reste le premier producteur européen. En 2024, elle a produit près de 15,5 milliards d’œufs. Difficile d’aller s’approvisionner ailleurs quand la plupart des pays de l’Union européenne connaissent les mêmes pénuries. L’Allemagne et la Pologne font en plus face à des épidémies de grippe aviaire, alors que l’Hexagone, à quelques cas près, est relativement épargné.

La situation devrait néanmoins s’améliorer légèrement maintenant que les fêtes et l’Épiphanie sont passées. Les pâtissiers et les restaurateurs avaient besoin de beaucoup d’œufs pour leurs recettes.
Enfin, la pénurie ne provoque pas de forte hausse des prix, car ceux-ci sont encadrés par des contrats de long terme, souvent conclus sur plusieurs années entre éleveurs et distributeurs, ce qui limite les envolées tarifaires.