L’application aurait dû être lancée l’année dernière. Finalement, c’est à la fin du mois de janvier 2026 que Lexaro sera intégralement disponible. Imaginée par maitre Adeline Huron, avocate au barreau de Grenoble, et son associé Baptiste Seux au développement, l’application promet de faciliter le travail des avocats, en proposant une plateforme de partage d’informations et de gestion de la représentation.

Lexaro : l’application grenobloise doit sortir dans une version enrichie

L’intérêt pour les professionnels, c’est le gain de temps généré, notamment lors des renvois d’audiences. L’application permet de se faire remplacer par un confrère présent au tribunal, et d’échanger les documents liés à l’affaire.

« La version test a été lancée il y a presque un an, avec l’objectif d’un lancement au printemps 2025. Finalement, nous avons choisi d’enrichir l’appli de nouvelles fonctionnalités que nous avions envisagé dès le lancement. » explique Adeline Huron.

©Lexaro – Imaginé accessible par abonnement, Lexaro est finalement téléchargeable dans une version gratuite, avec ou sans services supplémentaires.

 

Désormais, l’application permet donc non-seulement le remplacement lors de l’instruction, pour les audiences de mises en état et de prise de date pour un renvoi, mais aussi les substitutions pour plaidoirie. « Quand il a deux audiences à plaider le même jour, on peut se faire remplacer par un confrère qui a accès à tout le dossier, aux argumentaires juridiques, aux pièces… ». La nouvelle version de Lexaro permet aussi la postulation (en cas de procédure en dehors du ressort de l’avocat), et va jusqu’au délibéré. « Si on n’est pas au tribunal le jour J, l’application permet de retrouver le délibéré sans avoir à attendre qu’il soit envoyé par voie postale. Ça peut faire gagner du temps, par exemple en cas de volonté de faire appel de la décision. »

Mandatement commun : comment Lexaro veut adresser les barreaux

Les retours des testeurs ont aussi été pris en comptes, davantage sur l’usage et l’interface que sur le développement. « On a rajouté des boutons, simplifié certaines démarches… ça nous a permis d’améliorer l’expérience utilisateur ».

L’application est d’ores et déjà téléchargeable même si sa version complète ne sera accessible que dans quelques jours. Lexaro compte déjà une centaine d’utilisateurs. C’est aussi accessible via PC, pour que les assistants puissent avoir accès aux dossiers pour les mises en état.

Pour adresser non seulement les avocats, mais aussi les barreaux, Adeline Huron souhaite apporter un outil de gestion du mandatement commun. « Les avocats de permanence peuvent centraliser les documents de leurs confrères, en se libérant des contraintes du papier, ce qui permet de modifier les documents jusqu’à 30 minutes avant l’instruction. Quant aux barreaux, ils peuvent gérer leur permanence via un outil gratuit, et un back-office dédié. »

Lexaro : un modèle économique repensé

Le délai supplémentaire avant la mise sur le marché de l’application grenobloise, aura aussi servi à repenser le modèle économique. Initialement prévu sous forme d’abonnement, Adeline Huron a anticipé ce qui selon elle, aurait pu être un frein au développement.

« L’accès est gratuit pour tous. Mais quand on est déposant d’un besoin de substitution, et qu’on souhaite payer les honoraires directement via l’application, avec provisionnement des fonds avant l’intervention, Lexaro est commissionné à hauteur de 12 % ».

Le service est optionnel, pourtant les associés y font reposer la totalité de leur modèle économique. « Notre priorité c’est de constituer la communauté. Ensuite, on est persuadé du fait que les utilisateurs vont payer via l’application, d’abord parce qu’on s’adresse à des gens qu’on ne connait pas, et que cela sécurise la transaction. »

A noter que pour les volontaires, qui se proposent de remplacer leurs confrères, la gratuité est totale. Les associés espèrent cumuler 3 600 avocats utilisateurs « actifs » en 2026, en visant notamment les groupements d’avocats pour agrandir de façon conséquente la communauté.