Pour beaucoup de maîtres, la phrase « Je redoute les tiques à
chaque balade », confie une propriétaire citée par Peaches, résume
ce petit nœud à l »estomac au moment d’enfiler la laisse. Même en
plein hiver, en ce mois de janvier 2026, les épisodes de redoux
autour de 7 ou 8 degrés réveillent ces acariens. La croyance selon
laquelle le froid suffirait à tout régler vole en éclats, surtout
quand on pense à la maladie de Lyme.
Ces tiques ne sont pas de simples parasites gênants : elles se
nourrissent du sang de votre chien et peuvent transporter
Borrelia burgdorferi, la bactérie à l’origine de la
maladie de Lyme. Leur morsure, rendue indolore par une salive
anesthésiante, passe souvent inaperçue. La bactérie ne se transmet
pourtant qu’après 24 à 48 heures d’accrochage, ce qui laisse une
vraie marge de manœuvre. Tout se joue au retour de balade.
Tiques actives en hiver : un risque bien réel pour le
chien
Une tique ne saute pas, ne vole pas. Elle
attend, perchée sur une herbe haute ou un buisson, qu’un hôte à
sang chaud effleure sa cachette pour s’agripper à son pelage. On la
rencontre en forêt, dans les champs, mais aussi dans les jardins et
parcs urbains. Avec des hivers plus doux et des redoux fréquents,
son activité ne s’arrête plus vraiment entre novembre et mars.
Le danger ne vient pas de la piqûre en elle-même, mais de ce
qu’elle peut injecter au fil de son repas sanguin prolongé. Les
données vétérinaires indiquent que le risque de transmission de
Borrelia burgdorferi augmente nettement après 24 à 48
heures de fixation continue. Retirer la tique avant cette durée
change donc radicalement la donne pour éviter la maladie de
Lyme chez le chien.
Le geste indispensable : une inspection systématique après
chaque balade
La meilleure arme reste une inspection
systématique du pelage après chaque sortie, hiver compris.
Une fois rentré, transformez le retour de balade en séance de
caresses appuyées : passez vos mains à rebrousse-poil, lentement,
en vous fiant autant au toucher qu’à la vue. Une tique gorgée de
sang se perçoit comme une petite boule dure sous les doigts. Les
zones à peau fine doivent être contrôlées avec soin :
- intérieur et arrière des oreilles, et cou (surtout sous le
collier) ; - aisselles et plis de l’aine ;
- espaces interdigités, entre les coussinets ;
- base et dessous de la queue, zone anale.
Si vous sentez une petite masse ronde, l’usage d’un tire-tique
est recommandé pour retirer l’intrus sans écraser son corps ni
casser la tête. Les pinces à épiler, l’alcool ou l’huile sont
déconseillés, car ils peuvent stresser la tique et favoriser la
régurgitation de bactéries dans la peau du chien. Après le retrait,
désinfectez la zone et surveillez son état général dans les jours
et semaines qui suivent.
Antiparasitaires et symptômes :
compléter la routine de prévention
L’inspection manuelle reste essentielle, mais elle gagne à être
associée à des antiparasitaires adaptés :
pipettes, colliers ou comprimés prescrits par le vétérinaire. Ces
produits repoussent ou tuent les tiques, à condition de respecter
scrupuleusement les fréquences d’application. Aucun traitement
n’étant efficace à 100 %, la combinaison prévention chimique,
contrôle tactile rigoureux et observation des signes cliniques
offre la meilleure protection.
Après une piqûre ou une période à risque, certains symptômes
doivent alerter : une boiterie soudaine, souvent
intermittente et pouvant changer de patte, de la fièvre (truffe
chaude et sèche), un abattement marqué, une perte d’appétit ou des
ganglions gonflés. Ces signes peuvent traduire une maladie de Lyme,
mais aussi d’autres infections transmises par les tiques comme la
piroplasmose ou l’ehrlichiose. Une consultation vétérinaire rapide
permet de réaliser les tests nécessaires et de débuter un
traitement antibiotique si besoin.