Fondé en 2019, après 27 ans passés sous le nom de Poste à Galène, le Makeda ouvrait rue Ferrari (5e), placé sous les auspices des Nubians, deux sœurs ensorcelantes révélées en 1998 avec leur album Princesses Nubiennes. C’est à elles que la salle de concerts de 300 places doit son nom. Sept ans plus tard, les Nubians, désormais exilées aux États-Unis, étaient à nouveau au Makeda, il y a quelques jours, pour lancer la nouvelle saison. En amont de leur concert, alors qu’elles sont en tournée à l’occasion de la réédition de leurs deux premiers albums, Hélène et Célia Faussart revenaient sur cette histoire incroyable entre leur chanson et la demande d’Aude et Francine d’appeler leur lieu, le Makeda (signifiant « reine de Saba »). « Elles ne savaient pas que cette chanson Makeda avait été écrite à Marseille dans le studio de Mounir à la cité des Micocouliers. De voir que deux jeunes femmes décidaient de reprendre un lieu vivant à Marseille, le lien était d’autant plus fort », se remémorent-elles.

Un nouveau système de sonorisation

L’an dernier, Aude a quitté l’aventure. Francine Bonnot Ouedraogo poursuit la mission d’un espace basé sur « la diversité, l’inclusion, la bienveillance ». Mais pour cela, elle s’est entourée d’une nouvelle équipe, alors que 2026 s’annonce être l’année de « la maturité, du tournant », un moment clé. « On a repensé la trajectoire, renforcé l’équipe, clarifié le projet », explique la directrice d’un lieu qui compte dans le paysage musical marseillais. En 2025, le Makeda a accueilli 209 événements dont 86 concerts, 100 DJ sets, 8 dates hors les murs… Outre l’équipe, l’autre grand changement de 2026 est la mise en place d’un nouveau système de sonorisation courant janvier. Le régisseur Romain Court explique que le Makeda a fait appel à Pikip Solar Speakers, « une structure locale qui travaille sur la sobriété énergétique ».

Le projet culturel du Makeda reste, lui, porté par l’association Orizon Sud, à l’origine du tremplin du même nom dont l’appel à candidatures est en cours jusqu’au 22 janvier : les demi-finales auront lieu les 7 et 8 avril au Makeda, et la finale le 7 mai à l’Espace Julien. Il conserve ses fondamentaux dont un ancrage dans le territoire. Outre le fait que le Makeda fait partie de la Responsabilité des Rêves (RDR) – asso qui réunit 4 lieux, avec la Meson, le théâtre de l’Œuvre et l’Espace Julien, placée sous l’égide de Grand Bonheur –, il reçoit des festivals : Avec le temps, Babel Music XP, la Nuit des Griots… Il est surtout un lieu où écouter de la musique et danser, « dans tous les styles, à des prix accessibles, le Makeda c’est pour tout le monde », affirme Perrine Kaïk, responsable de la communication.

Une semaine anniversaire en mars

Côté concerts, parmi les temps forts du premier trimestre, le programmateur Kevin Escales cite : la pop urbaine du Franco-malgache Randjess (le 29 janvier), le néo-punk MDNS (le 5 février), le duo de frangins venus d’Alger Djam & Timoh avec leur raï en fusion (le 6 février), la pop sensible de Sans Lactose (le 14 mars)… Dans le cadre de la RDR, le Makeda accueille la soirée rock de Tessina et Micro-Ondes (le 28 janvier), le rap de Sopico (le 13 février) et de Keroué (le 18 février), mais aussi le jazz-électro nimbé de chants éthiopiens de Kutu (le 7 mars). Une date qui s’inscrit dans la semaine anniversaire du 5 au 8 mars, avec Marcia, petite-fille de Jacques Higelin (le 5), le rap caribéen de l’Espagnole Lapili (le 6) et la voix engagée de la Brésilienne Bia Ferreira (le 8). Nombreuses seront enfin les occasions de danser au Makeda : lors du Showké Club confié à Toopiti du collectif Maraboutage (le 15 janvier), la Vogue Night inspirée de la culture ballroom (le 11 février), le Cabaraï (cabaret raï queer)… sans oublier Musique de fête, Boogie Nights, Soul Train, Dancehall Nation, La Boum du samedi, Nostalgie Génération 80 et Say My Name.

103 rue Ferrari (5e). lemakeda.com