On vous en parlait il y a peu : au Port du Rhin se nichent les Studios du Rhin, un tiers-lieu réunissant des professionnel(le)s de l’audiovisuel, mais aussi un espace de coworking et de quoi faire la fête. À l’origine du projet, Luc Tharin, qui gère également sur place la société de post-production Innervision depuis près de 20 ans. On vous raconte l’histoire de cette boîte qui fait rayonner Strasbourg dans le domaine de l’audiovisuel, et on vous montre les coulisses.
Déjà, la post-production, c’est quoi ? C’est tout ce qui intervient après le tournage, ou de la fabrication d’images en animation. Par exemple : le montage, le mixage, l’étalonnage, le sous-titrage, le doublage… En vue de la diffusion à la télévision, sur les plateformes de streaming ou au cinéma.
© Marie Goehner-David / Pokaa
Et ce sont précisément les missions d’Innervision, le bébé de Luc. « Quand on a démarré, c’était juste un studio pour faire de la musique à l’image. Le point de départ, c’est la création musicale. Mais ce qui était intéressant, c’est que très peu d’entreprises de post-production travaillaient hors de Paris. Alors qu’à Strasbourg, avec la présence de France 3 Alsace, ou de Arte et son caractère plurilingue, il y avait beaucoup de travail. »
Il ajoute : « L’Alsace, c’est un vivier du cinéma et de l’audiovisuel, une terre de tournages, un écosystème créatif pour lequel on voulait proposer des moyens ambitieux, et une véritable montée en gamme. » Un terreau des plus fertiles pour faire grandir Innervision.
Luc Tharin. © Marie Goehner-David / Pokaa
De Strasbourg au monde entier
C’est ainsi que Luc ambitionne de se diriger vers le cinéma, pour augmenter en compétences, aller plus loin, être en capacité de travailler sur des projets ambitieux qui voyagent dans le monde. Aujourd’hui, Innervision compte plus de 600 m2 de studios sons, salles de montage, bureaux de prod, le tout avec des moyens techniques à la pointe.
Documentaires, mais aussi fictions, avec courts et longs-métrages et films d’animation : l’entreprise travaille sur de nombreux formats, et a notamment assuré la post-production d’œuvres primées.
1. « Ma Famille afghane ». © Michaela Pavlátová, 2023, 2. « Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary ». © Rémi Chayé, 2021, 3. « Warsha ». © Dania Bdeir, 2022 / Captures d’écran
C’est par exemple le cas des films d’animation Ma Famille afghane (Michaela Pavlátová, 2023, César du meilleur long-métrage d’animation) ou Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary (Rémi Chayé, 2021, Cristal du long-métrage au festival d’Annecy). Sans oublier le court-métrage Warsha (Dania Bdeir, 2022), prix du jury de la fiction internationale au festival Sundance.
Le doublage, point fort de l’entreprise
Un autre point fort d’Innervision, c’est le doublage en français, mais aussi en anglais et en allemand. Quand on débarque pour visiter les studios, on tombe d’ailleurs en plein enregistrement des voix pour l’émission Tracks (Arte).
Cette compétence a été largement développée dans ces locaux, puisque la structure accueille régulièrement des formations, mais aussi des voix que vous avez peut-être déjà entendues. Il y a par exemple celle d’Alexis Victor (le renard de Zootopie), Benoit du Pac (Eikichi Onizuka dans Great Teacher Onizuka, Luigi dans Super Mario), de Véronique Augereau (Marge Simpson), ou encore Bernard Gabay (Robert Downey Jr et Viggo Mortensen).
© Marie Goehner-David / Pokaa
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De quoi faire vibrer la sphère audiovisuelle du Grand Est, méconnue et pourtant très active. Et aussi, faire rayonner les nombreux talents strasbourgeois qui ont œuvré pour ces succès : comédien(ne)s, technicien(ne)s, auteurs/rices. C’est d’ailleurs ce qui passionne Luc dans son métier, le fait de travailler avec tous ces talents, qui se coordonnent.
Des talents pour faire vivre des univers
« La post-production, ce sont des métiers différents, et surtout, autant techniques qu’artistiques. C’est ce point de rencontre qui est exaltant : pour l’étalonnage, le mixage, le doublage, il faut user tant de ses compétences que de ses capacités créatives. »
© Marie Goehner-David / Pokaa
La post-production, au-delà d’un travail technique, c’est finalement le fait « d’orchestrer », pour reprendre les mots de Luc, des talents qui travaillent ensemble et qui sont « au service de mondes créés par d’autres ».
Innervision
Quoi ?
Société de post-production
où ?
2 rue du Rhin-Napoléon, à Strasbourg
Plus d’infos ?
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