Par

Rédaction Paris

Publié le

12 janv. 2026 à 17h37

Des violences « ni nécessaires, ni proportionnées ». Ce lundi 12 janvier 2026, un policier a été condamné à huit mois de prison avec sursis pour avoir tiré au lanceur de balles de défense (LBD) sur des manifestants contre la réforme des retraites en 2020 à Paris. Le tribunal correctionnel n’a pas prononcé de peine complémentaire d’interdiction de porter une arme et a accédé à la demande de non-inscription de la condamnation au casier judiciaire du policier, compte tenu de ses « états de service ».

Une « panique générale » chez les manifestants

La condamnation est conforme aux réquisitions qu’avait formulées le procureur lors de l’audience du 17 novembre. Le représentant du parquet avait néanmoins considéré que les tirs étaient « légitimes » – mais pas « proportionnés », écartant la « légitime défense ». Le 9 janvier 2020, dans un cortège parisien qui s’était élancé trois heures plus tôt de la place de la République, des heurts avaient éclaté aux abords de la gare Saint-Lazare.

« Je me souviens d’une panique générale du côté des manifestants et une charge inconsidérée de l’autre », avait raconté à la barre Moukran S., 65 ans à l’époque. Dans plusieurs vidéos, on le voyait s’effondrer après avoir été la cible d’un tir de LBD. Le policier se trouvait à deux mètres de lui, alors que « selon la doctrine, ils doivent être tirés entre 10 et 50 mètres », avait rappelé le tribunal.

Quelques minutes plus tard, le même policier avait à nouveau fait usage de son lanceur de balles à l’encontre d’un autre manifestant, Peter B., 41 ans, cette fois situé à « 8 à 10 mètres », à l’intérieur d’une nasse dans laquelle se dispersait une bombe lacrymogène. « T’en veux encore ? », lui avait alors lancé le gardien de la paix, 32 ans à l’époque, depuis muté dans une brigade anti-criminalité (BAC) d’Occitanie.

Le sursis lié au contexte

Dans sa décision, le tribunal correctionnel a justifié la condamnation à une peine d’emprisonnement avec sursis « simple » par « la prise en compte du contexte », en notant qu’il s’agissait d’une « énième journée de mobilisation nationale ». « Nous sommes très satisfaits de la déclaration de culpabilité, un peu moins de l’absence d’interdiction des armes qui autorise ce policier à reprendre son service », a commenté auprès de l’AFP l’un des avocats des parties civiles, Me Arié Alimi.

Avec AFP

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.