Une Porsche de collection rue de Lyon (15e), au milieu de la nuit, c’était déjà inhabituel. Mais sa trajectoire zigzagante a encore accru la curiosité des forces de l’ordre. Dans la nuit du 7 au 8 janvier dernier, Ridha B. a été contrôlé puis interpellé par la police municipale à Marseille, au volant de sa voiture de sport, alcoolisé à 1,21mg/l d’air expiré, soit quasiment cinq fois le taux limite légal ! Le père de famille de 54 ans était par ailleurs en possession d’un permis qui n’était plus valide faute de points, et qu’on lui avait demandé de restituer.

Un épisode qui lui a valu ce vendredi 9 janvier de comparaître devant la justice… pour une énième fois. En témoignait le casier judiciaire fleuri de nombreuses condamnations de cet agent technique – dont plusieurs pour conduite alcoolisée – depuis 1999.

Penaud, le prévenu a reconnu devant les juges une addiction à l’alcool, hors de contrôle depuis une séparation avec son épouse après 37 ans de vie commune et des enfants en commun. « Je regrette énormément, je vais essayer de me faire suivre par des gens qualifiés », a-t-il affirmé.

« La prochaine fois, on prend la liberté et la voiture »

Lorsque le procureur Pierre-Yves Pezzino a pris ses réquisitions, ce n’est pas la peine de 18 à 24 mois de prison avec sursis probatoire qu’il a demandée, ni celle d’annulation de son permis de conduire qui ont fait blêmir Ridha B., mais la requête de confiscation de la Porsche, un modèle rare acheté 49 000 euros en 2018, l’une des deux voitures de luxe, fruit de ses économies de toute une vie.

Heureusement pour Ridha B., les juges n’ont pas suivi : s’ils lui ont infligé 15 mois de prison avec sursis probatoire, une annulation du permis et l’obligation d’installer à ses frais un coûteux dispositif anti-alcool sur ses véhicules (qui contraint à souffler pour démarrer), ils ont écarté la confiscation de la précieuse Porsche. « La prochaine fois, on prend la liberté et la voiture », lui a lancé le président Thierry Bonifay avant de le congédier.