L’auteur franco-roumain aux œuvres multiformes mariait aussi bien, l’écriture, le théâtre et le jazz. Il est mort vendredi à 75 ans.

Le poète franco-roumain Zéno Bianu, auteur d’une œuvre multiforme mariant l’écriture, le théâtre et le jazz, est décédé vendredi à 75 ans, a annoncé son éditeur, Gallimard.

Zéno Bianu, né le 28 juillet 1950 à Paris d’une mère française et d’un père roumain réfugié politique, est mort dans la capitale française, a précisé Gallimard, sans donner la cause du décès. « Poète, auteur dramatique, orientaliste, traducteur, Zéno Bianu a été l’un des signataires du “Manifeste électrique” qui secoua la poésie dans les années 1970 », indique la maison d’édition. « Ses textes, denses et vibrants, entraient volontiers en résonance avec les figures limites de l’art », comme Antonin Artaud, Yves Klein, Chet Baker ou Pier Paolo Pasolini, ajoute-t-elle.


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Le festival littéraire Etonnants voyageurs de Saint-Malo l’a présenté comme « l’un des grands poètes contemporains d’expression française ». Avec la poésie, « on est complètement dans les arts vivants », a affirmé Zéno Bianu en 2015. « C’est l’oralité qui a sauvé la poésie. Le retour au souffle, à la volonté d’échanger par les mots et de retrouver la gourmandise et le plaisir du texte. C’est tout sauf un art empoussiéré », selon lui. Il multiplia les lectures publiques, parfois musicales, et les adaptations théâtrales avec des comédiens comme Denis Lavant ou Jean-Marc Barr.

Son œuvre est forte d’une cinquantaine d’ouvrages, dont les recueils Infiniment proche et Pierrot solaire (Gallimard), ainsi que les anthologies comme Petit éloge du bleu. « On est des best-sellers souterrains! », avait déclaré Zéno Bianu en 2015, en prenant pour exemple le succès en librairie de son anthologie Haikus publiée en 2003.