Candidat d’union de la gauche à la Mairie de Paris, Emmanuel Grégoire entend faire de la sécurité un marqueur de sa campagne. Il propose le déploiement de 30 kiosques mobiles de police municipale, inspirés des kôban japonais, présentés comme des « mini-postes sur le terrain ». Répartis dans tous les arrondissements et positionnés sur les « points chauds » de la capitale, ces kiosques fonctionneraient 24 heures sur 24 avec cinq à six agents chacun.

Le candidat socialiste assume une approche fondée sur la visibilité policière. « Une des clés, c’est de considérer que la présence policière de terrain ne règle, certes, pas tout, mais reste extrêmement efficace contre la délinquance. Il faut du bleu sur le terrain », affirme-t-il. Le premier kiosque doit être installé porte de Clignancourt, dans le XVIIIe arrondissement, un secteur identifié comme exposé aux trafics.

Repenser l’espace public entre Paris et Saint-Ouen

Sur place, Emmanuel Grégoire décrit un territoire soumis à de fortes tensions. « C’est un lieu de fort passage. La délinquance et les trafics en tous genres sont venus se greffer sur ces flux avec de la contrebande de cigarettes, de la vente de produits médicamenteux, de drogues », explique-t-il, promettant de repenser l’occupation de l’espace public entre Paris et Saint-Ouen afin de limiter ces phénomènes.

Ce dispositif s’accompagne d’un renforcement massif des effectifs. L’ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo souhaite recruter 1.000 agents supplémentaires pour porter la police municipale à 5.000 agents. Il met toutefois en garde contre un éventuel retrait de l’Etat sur la police nationale et met en cause Rachida Dati, qu’il juge « comptable » des politiques menées au niveau gouvernemental.

Un dispositif d’alerte sur les abribus

Sur la question sensible de l’armement, Emmanuel Grégoire trace une ligne claire. Il se dit « totalement hostile » aux armes létales, estimant qu’« aucune des missions confiées à la police municipale ne le justifie ». Les brigades de nuit pourraient néanmoins être équipées de pistolets à impulsion électrique, et un référendum serait proposé aux Parisiens en cas d’évolution du cadre légal.

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Le volet prévention complète ce plan sécuritaire, avec l’annonce d’un dispositif d’alerte sur les abribus et d’un renforcement de l’éclairage public. Jugeant « insupportable » que des femmes puissent se sentir en insécurité, il affirme vouloir répondre à une attente forte, notamment dans les quartiers populaires. Vidéoprotection renforcée sur les sites sensibles, brigade dédiée aux zones complexes et patrouilles ciblant les vélos débridés complètent un projet qu’il présente comme pragmatique, tout en se démarquant du bilan municipal sortant.