Par
Anaelle Montagne
Publié le
12 janv. 2026 à 17h51
9 000 euros, partis en fumée. Un jeune homme de 21 ans, expert en manipulation, était jugé ce lundi 12 janvier 2026 au tribunal de Toulouse. En se faisant passer pour un conseiller bancaire au téléphone, il a joué sur la panique d’au moins sept victimes pour leur soutirer des sommes considérables. Et ce, jusqu’en décembre dernier.
Se sentant pousser des ailes, il a fini par faciliter la tâche à la police, alors que les plaintes contre lui se succédaient. Y compris venant de ses proches…
Comment montait-il son arnaque ?
C’est un jeune homme de 21 ans, habillé d’un jogging sombre et d’un k-way dernier cri, qui fait face à la justice ce lundi 12 janvier. Ibrahim C. est jugé pour quatre escroqueries – sur les sept dénombrées par les enquêteurs.
Son mode opératoire est on ne peut plus classique. Il récupère les informations bancaires des victimes, avant de les manipuler par téléphone : il se présente comme un banquier et leur fait croire que leur compte a été piraté. Vite, il faut mettre l’argent à l’abri, sur un compte sécurisé ! Les victimes, paniquées, s’exécutent. L’argent atterrit soit sur les comptes de proches du fraudeur, soit sur son propre compte – c’est d’ailleurs ce qui le trahira.
L’un des bénéficiaires de l’argent sale se retourne contre lui
Étonnamment, aucun des proches qui réceptionnaient les virements n’ont été poursuivis. C’est même l’inverse : l’un d’eux a déposé plainte contre notre homme, pour abus de confiance. Ce proche d’Ibrahim C. assure avoir réceptionné l’argent sale, sans rien savoir de l’arnaque. Sauf qu’une fois ces virements frauduleux annulés, il s’est retrouvé à découvert… ce qui le poussera à poursuivre son ami, pour « abus de confiance ».
Qui sont les victimes ?
Le jeune Toulousain a été arrêté dans sa course en décembre dernier par les services de police de Toulouse. Ils dénombrent d’abord trois victimes, avant d’en découvrir quatre de plus. Ce sont toutes des femmes, aux profils éclectiques.
« Ma cliente a pris un coup », souffle l’une de leurs avocates. « Elle est employée de maison, elle est jeune… Se faire avoir de la sorte alors qu’elle n’est pas très âgée, ça secoue. »
« Je trouve la peine presque clémente »
Face aux parties civiles, le jeune prévenu semble impassible. Nonchalant, presque ennuyé d’être là. En amont de son passage au tribunal, étant donné qu’il reconnaît les faits, le procureur avait proposé la peine de six mois d’emprisonnement, avec sursis en intégralité.
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« Je trouve la peine presque clémente », lâche la présidente de l’audience. « Je n’ai pas l’impression que vous ayez bien perçu les conséquences. » Si, insiste le jeune homme, déjà sous bracelet électronique depuis une précédente condamnation pour violences, en 2025.
Six mois de sursis
Il écopera finalement de ces six mois de sursis et devra rembourser plus de 7 000 euros aux parties civiles.
Rien qu’en 2024, les fraudeurs « par manipulation » ont volé 382 millions d’euros à leurs victimes – selon l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement.
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