Pour faire des photos avec Dana Lixenberg, il ne faut pas être trop pressé. La Néerlandaise travaille avec une “chambre grand format”, comme les photographes de jadis, ces appareils avec un soufflet et un trépied, qu’il faut recharger après chaque prise mais qui permettent une définition et une profondeur exceptionnelles.
C’est pour ça qu’elle parle de “danse lente” quand elle évoque sa relation avec ses sujets, qui, célébrités comme anonymes, assistent à toutes les manipulations et qu’elle doit mettre en condition. “Je m’intéresse moins à l’image qu’une personne souhaite donner qu’à ce qui se passe réellement chez elle au moment de la rencontre”, dit-elle.
Avec American Images, sa première rétrospective parisienne qui démarre le 11 février, la MEP rend ainsi hommage à une observatrice de la matrice états-unienne, un pays où elle s’est installée en 1989. On y découvrira notamment ses nombreux portraits de musiciens réalisés pour les plus grands magazines américains, de Whitney Houston à Iggy Pop en passant par Notorious BIG ou encore Tupac Shakur, pour une image en noir et blanc devenue iconique publiée dans Vibe.
Tupac Shakur, 1993 © Dana Lixenberg / MEP
On y verra également son projet le plus connu, Imperial Courts, démarré en 1993 dans les cités du quartier de Watts, à Los Angeles, juste après les émeutes déclenchées par le passage à tabac de Rodney King. Un projet au long cours puisqu’elle revient régulièrement depuis trente ans raconter l’évolution du quartier, avec l’autorisation exceptionnelle des gangs.
Outre ses pérégrinations en Alaska ou en Indiana, l’exposition propose une sélection des Polaroid de Dana Lixenberg, un média de l’instantané dont elle s’est amourachée en même temps que la chambre grand format, comme pour s’amuser à superposer deux perspectives sur le temps.
Quand ? du 11 février au 24 mai 2026.
Où ? Maison européenne de la photographie, 5-7 rue de Fourcy, Paris 4e.
Combien ? 9-14 €.
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