Le ministère de la Justice a détaillé, ce lundi, la répartition des renforts de magistrats et de greffiers, tribunal par tribunal, d’ici 2027, évoquant un « renforcement historique ». Mais les effectifs resteront insuffisants pour le Syndicat de la magistrature à Nantes.

Le ministère de la Justice s’enorgueillit « d’un renforcement historique du nombre de magistrats et de greffiers » dans les tribunaux, entamé en 2023 et qui doit se poursuivre jusqu’en 2027. Ce lundi 12 janvier 2026, il a détaillé la répartition de ces effectifs supplémentaires pour les deux ans qui viennent. Au tribunal de Nantes, 20 postes de magistrats et 23 postes de greffiers ont été créés depuis 2017, selon le ministère. D’ici à 2027, 18 magistrats supplémentaires doivent rejoindre le tribunal de Nantes et 26 greffiers, toujours selon le ministère.

« Un non-événement pour la juridiction nantaise »

Vu de l’extérieur, ces renforts semblent conséquents, mais le Syndicat de la magistrature n’en fait pas la même lecture. « Cette hausse des effectifs avait déjà été annoncée », selon sa déléguée au tribunal de Nantes, Anaïs Zerri, invitée d’ICI matin, ce mardi. Et malgré ces renforts, les effectifs resteront, pour elle, insuffisants.

« Les objectifs ont déjà été atteints, donc pour la trajectoire 2027, on sera normalement à effectifs constants, il n’y a plus qu’un poste selon la loi d’orientation et de programmation à pourvoir pour les juges du siège, donc très concrètement c’est un non-événement pour la juridiction nantaise » explique Anaïs Zerri.

La magistrate liste quelques délais d’attente moyens : « Deux ans pour obtenir une décision sur un divorce, 16 mois pour une mention alimentaire, une résidence alternée ».

« On ne juge pas les justiciables dans des conditions acceptables. »

Et puis concernant le pénal, la magistrate dresse un constat accablant : « Tout le monde s’accorde avec le fait qu’on ne juge pas les justiciables dans des conditions acceptables, sur le fait que nous ne sommes pas en mesure de faire notre travail, cela génère effectivement des renvois d’audience. Les délais initiaux sont reportés et on se trouve, sur le plan pénal, avec des risques de remise en liberté sur des dossiers extrêmement sensibles, mais également avec des situations, par exemple sur les violences conjugales, très compliquées. On se retrouve avec des contrôles judiciaires qui sont maintenus dans des délais très importants, avec des incidences sur la vie concrète des gens. Ce n’est pas acceptable ni pour les justiciables en premier, mais également pour les magistrats qui sont épuisés par cette situation. »