Le saviez-vous ? Lors d’un accident, un polytraumatisé a cinq fois plus de chance de décéder s’il se trouve en hypothermie. Le docteur Cédric Damm, chef du Samu-SMUR de Rouen en est parfaitement conscient. « Mais jusqu’à présent nous n’utilisions que de simples couvertures chauffantes en mauvais état », a-t-il expliqué vendredi 9 janvier, lors de la remise officielle à son service de neuf plastrons chauffants innovants financés grâce au mécénat de la Fondation Charles-Nicolle.

« L’hypothermie accélère les lésions, favorise les saignements, l’infection et surtout augmente les effets psychologiques sur le patient. Et, il est très difficile de lutter contre la déperdition de chaleur quand, parfois, le blessé doit rester des heures sur le sol ou dans une voiture à désincarcérer. »

2 500 euros l’unité

Les neuf plastrons chauffants dont va pouvoir bénéficier le Samu-SMUR de Rouen sont un dispositif innovant de la société Thermo Trauma imaginé à Briançon, dans les Hautes-Alpes, par un urgentiste et un secouriste en montagne et fabriqué en France. « Nous en avions entendu parler lors d’un congrès. Il fallait trouver un moyen de les financer », a expliqué le docteur Damm

Le Samu de Rouen répond à plus de 7 000 interventions par an. Il est doté de quatre ambulances, de quatre véhicules rapides et d’un hélicoptère : « Aujourd’hui, ils sont tous équipés. Cela permet d’être au début de la chaîne de la conservation de la température avant l’arrivée aux urgences ».

« C’est un gilet lavable qui répond aux normes de sécurité et d’hygiène. Le plastron se pose devant et est facile à enfiler, car il est difficile d’accéder au dos d’un patient sur un brancard. Un moniteur électronique va gérer la température. Sur ces plastrons chauffants, la batterie peut tenir quatre heures. Cela est largement suffisant, nos interventions durant en moyenne une heure et vingt minutes », a détaillé le médecin.

Le patron du Samu a raconté les essais concluants réalisés sur un polytraumatisé victime d’un accident de moto retrouvé en pleine forêt et qui frissonnait de toutes les parties de son corps. Ou encore sur une personne infectée que cet équipement a permis de gérer plus facilement dans l’ambulance.

« C’est un atout pour les patients, mais aussi pour le personnel », a assuré le médecin. L’ennui, c’est que chaque plastron coûte 2 500 euros. La Fondation Charles Nicolle a réussi à réunir en trois mois une série de mécènes, dont le Lions Club Rouen Drakkar, les caisses locales du Crédit agricole de Grand-Quevilly et Sotteville-lès-Rouen ainsi que la caisse régionale de Rouen.