Après avoir ouvert une enquête formelle sur X à la suite des images sexualisées générées par Grok, le Royaume-Uni va mettre en application une loi criminalisant la création de ces contenus dès cette semaine.

Une annonce qui ne va pas plaire à Elon Musk. Alors que le propriétaire de X multiplie les attaques contre le Royaume-Uni depuis que le pays a menacé d’interdire le réseau social à cause des images sexualisées générées par Grok, le gouvernement s’apprête à aller plus loin.

Il prévoit de mettre en application une loi criminalisant la création de ce type de contenus. « Le Data Act, adopté l’année dernière, érige en infraction pénale la création ou la demande de création d’images intimes non consensuelles (…) Cette infraction entrera en vigueur cette semaine », a déclaré Liz Kendall, secrétaire d’État à la Science, à l’Innovation et à la Technologie, lors d’un discours dans la Chambre des communes (chambre basse du Parlement, NDLR).

« Elle deviendra une infraction prioritaire dans la loi sur la sécurité en ligne. Cela signifie que toute personne qui crée – ou tente de créer – un tel contenu, y compris sur X, commet une infraction pénale et s’expose à des poursuites judiciaires », a-t-elle ajouté.

Risque de lourde amende

Avec cette criminalisation, le gouvernement britannique vise principalement le réseau social d’Elon Musk, estimant que les efforts de la plateforme ne sont pas suffisants. Vendredi dernier, X a en effet annoncé que la génération d’images serait désormais payante. Une mesure que le Premier ministre britannique jugeait « insultante » pour les victimes.

Pour le Royaume-Uni, les plateformes hébergeant ces contenus doivent ainsi être tenues responsables, en plus des personnes qui les créent. L’Ofcom, régulateur des télécommunications, a d’ailleurs ouvert une enquête formelle sur X le 12 janvier, afin d’évaluer sa conformité à la loi sur la sécurité en ligne.

« X n’est cependant pas obligée d’attendre la conclusion de l’enquête de l’Ofcom. Il peut choisir d’agir plus tôt pour empêcher la diffusion de ces contenus odieux et illégaux sur sa plateforme », a souligné Liz Kendall.

Dans le cas contraire, l’autorité régulatrice aura la possibilité de lui infliger une amende pouvant aller jusqu’à 10% de son chiffre d’affaires mondial ou susceptible de s’élever à des millions de dollars. Pire encore, le réseau social pourrait être interdit au Royaume-Uni.

Pour mieux protéger les femmes et les mineurs, qui sont les principales victimes de ces images sexualisées, le gouvernement britannique prévoit également d’interdire aux entreprises de fournir des outils permettant de créer ce type de contenus, à travers un projet de loi en cours d’examen au Parlement. Un moyen pour lui d’attaquer le problème directement à la source.