Le feuilleton juridique autour du licenciement de près de 31 développeurs de Rockstar Games se poursuit au Royaume-Uni, mais sans soulagement financier pour les travailleurs concernés. En fin de semaine, un juge britannique a rejeté leur demande d’indemnités provisoires, laissant ces anciens employés sans revenu pendant que la procédure de justice se déroule.
Ce litige trouve ses racines dans une vague de licenciements massifs opérée par Rockstar en octobre 2025, qui avait surpris l’industrie. À l’époque, l’éditeur avait affirmé que les suppressions de postes étaient liées à des fuites d’informations confidentielles sur les futurs projets, dont Grand Theft Auto VI. Mais derrière cette explication officielle se déroulent des accusations de répression syndicale, alimentées par le syndicat IWGB (Independent Workers’ Union of Great Britain).
Juge refuse le salaire provisoire aux anciens employés
Dans une démarche visant à obtenir un peu de sécurité pendant la durée du procès, les 31 anciens développeurs avaient demandé à être réintégrés avec salaire pendant que le tribunal examinait leur affaire. Cette demande d’indemnités provisoires aurait permis aux employés de continuer à percevoir un revenu alors que leur contestation de licenciement abusif est en cours.
Cependant, le juge britannique Frances Eccles a estimé que les employés n’avaient pas réussi à démontrer qu’ils avaient « une chance raisonnable de succès » sur le fond du litige.
Dans sa décision, il écrit qu’« il n’apparaît pas probable que le tribunal constate que la principale raison du licenciement des requérants était leur appartenance au IWGB ». Cette formulation soutient l’explication de Rockstar selon laquelle les licenciements n’étaient pas liés à des activités syndicales.
Des licenciements dans un contexte de syndicalisation
Les 31 développeurs licenciés travaillaient dans des studios Rockstar au Royaume-Uni et avaient rejoint ou soutenu les efforts de syndicalisation par le biais du IWGB. Selon le syndicat, leur implication était liée à l’organisation d’une représentation collective pour améliorer les conditions de travail, ce qui aurait motivé des représailles de la part de l’entreprise.
Rockstar, soutenu par sa maison mère Take-Two Interactive, nie ces accusations. Dans une déclaration à Bloomberg et d’autres médias, l’entreprise affirme que les licenciements visaient exclusivement des employés ayant enfreint des accords de confidentialité, notamment en partageant des informations sensibles via un serveur Discord accessible à des personnes extérieures.
Un débat plus large sur les droits des travailleurs
Cette affaire souligne un débat plus vaste dans l’industrie des jeux vidéo entre les droits des employés à s’organiser collectivement et la protection des entreprises face aux fuites de données sensibles. Les syndicats estiment que les travailleurs doivent pouvoir discuter librement de leurs conditions sans craindre des représailles, tandis que des éditeurs comme Rockstar insistent sur la nécessité de protéger des projets confid
Perspectives juridiques et sociales
La décision du tribunal britannique pourrait inspirer d’autres affaires similaires, notamment dans un secteur où les discussions sur les conditions de travail et la syndicalisation sont de plus en plus fréquentes.