La nouvelle génération du Model Y
débarque avec des « feux arrière à réflexion indirecte ». Mais cette
prouesse technique sème la confusion : un conducteur s’est même
fait arrêter par la police aux États-Unis, soupçonné de rouler avec
un éclairage défaillant.

Depuis une dizaine d »années, les barres
LED horizontales se sont imposées comme la nouvelle norme
esthétique dans l’industrie automobile. De Kia à Porsche, tous les
constructeurs ont succombé à cette tendance qui polarise autant
qu’elle s’apprécie. Mais Tesla pousse le concept dans ses
retranchements avec le
Model Y récemment restylé
, équipé d’un système baptisé IRL
(pour « Indirect Running Light »), que l’on peut aussi
traduire par « feux arrière à réflexion indirecte ».

Le principe ? Plutôt que d’éclairer directement, les LED
projettent leur lumière sur la surface peinte du coffre
,
créant un effet lumineux par réflexion. Ce qui ressemble à un feu
classique n’en est pas vraiment un : la bande LED dissimulée sous
le bandeau supérieur assure l’éclairage de position, tandis que les
feux de stop traditionnels ne s’activent qu’au freinage.

Quand la police n’y comprend rien non plus

L’anecdote survenue dans l’Indiana, aux États-Unis, met en avant
un petit souci avec ces technologie : un conducteur de Model Y
s’est fait arrêter par un agent qui croyait ses feux arrière hors
service. On imagine la scène cocasse, le propriétaire tentant
d’expliquer que non, tout fonctionne parfaitement, c’est juste…
différent.

Franz von Holzhausen, directeur du design chez Tesla, défend
cette innovation comme « rafraîchissante » lors d’un
entretien dans une émission américaine. Son collègue
Lars Moravy, vice-président de l’ingénierie, assure que le
système respecte scrupuleusement les réglementations basées sur
l’intensité lumineuse
, indépendamment du type de surface
émettrice. Sur le papier, tout est en règle. Dans la réalité
nocturne d’une autoroute, c’est moins évident visiblement.

Le design au détriment de la sécurité ?

Cette mésaventure soulève une question que l’on se pose, il faut
dire, de plus en plus souvent : jusqu’où peut-on pousser
l’originalité sans compromettre la sécurité routière ? Les
constructeurs ont le droit (et même le devoir) d’innover. Mais
quand votre signature lumineuse devient si « avant-gardiste » qu’elle
ressemble à une panne, n’y a-t-il pas un souci de communication
visuelle ?

Et au-delà même de ce système d’éclairage, on peut encore
pousser le vice un peu plus loin avec certains modèles à la
ceinture de caisse incroyablement haute réduisante les surfaces
vitrées
et, par conséquent, la visibilité. Et évidemment,
quand on n’y voit pas grand-chose dans sa lunette arrière, ça peut
causer des dégâts. Bien évidemment, les constructeurs mettent en
avant leurs
caméras de recul
, voire même leurs dispositifs à 360°, mais
rien ne remplacera la perception de l’œil humain sur certaines
manœuvres.