La ligne « impôt sur le revenu » de nombreux avis d’imposition a
grimpé ces dernières années, alors même que les taux officiels
n’ont presque pas bougé. Entre inflation, petites augmentations et
barème qui ne suit pas toujours, beaucoup ont eu le sentiment de
payer plus sans vraiment gagner davantage.

Le projet de budget 2026 a ajouté une couche d’inquiétude, avec
un gel du barème initialement prévu, synonyme de
nouvelle hausse automatique. Face à la fronde des parlementaires,
députés et sénateurs ont proposé de réindexer tout ou partie du
barème sur une inflation estimée à 1,1 %. Derrière ce bras de fer
budgétaire se cache une question très concrète : votre
impôt sur le revenu 2026 peut-il enfin baisser, ou
au moins cesser de monter ?

Impôt sur le revenu 2026 : pourquoi il a déjà tant
augmenté

Le barème de l’impôt sur le revenu reste progressif, avec cinq
tranches (0 %, 11 %, 30 %, 41 % et 45 %). Pour les revenus récents,
la partie à 0 % s’applique jusqu’à 11 497 euros par part, puis 11 %
entre 11 498 et 29 315 euros, 30 % jusqu’à 83 823 euros, 41 %
au‑delà et 45 % pour les très hauts revenus. Si ces seuils ne
bougent pas alors que les salaires suivent (un peu) l’inflation,
davantage de revenus basculent dans les tranches supérieures.

C’est ce mécanisme que décrivent plusieurs sénateurs. « Chaque
point d’inflation non compensé peut représenter 150 à 350 euros
d’impôt supplémentaire par an pour un foyer moyen. C’est un impôt
déguisé, silencieux, mais lourd », a averti Michel Masset, cité par
Public Sénat. Pour la socialiste Isabelle Briquet, revaloriser plus
largement le barème évite « que les ménages, qui ne gagnent pas
davantage en termes réels, ne soient poussés artificiellement dans
une tranche supérieure ».

Gel ou réindexation du barème 2026 : ce que prévoient Assemblée
et Sénat

Le texte initial du projet de loi de finances pour
2026
prévoyait un gel complet des seuils de l’impôt sur le
revenu. Selon les estimations, cette stratégie devait faire entrer
environ 200 000 nouveaux foyers modestes dans l’impôt et générer
une importante économie pour l’État. La commission des Finances de
l’Assemblée nationale a pris le contre‑pied début janvier en votant
la réindexation intégrale du barème sur l’inflation, pour « protéger
le pouvoir d’achat des contribuables ». Mais ce choix a un coût,
d’où les réserves de certains députés : « On n’a pas l’argent mes
chers collègues, voilà c’est tout ! », a lancé Charles de Courson,
cité par Capital.

Dans l’hémicycle, les députés ont finalement supprimé le gel du
barème. Au Sénat, la majorité de droite a opté pour une voie
médiane : maintien du gel global, mais revalorisation du point
d’entrée de la première tranche. Concrètement, les 11 612 premiers
euros par part ne seraient plus imposés, contre 11 497 euros
auparavant, ce qui évite à 200 000 foyers d’entrer dans l’impôt. La
commission des finances y a vu « une mesure ciblée, responsable et
juste », selon Jean‑François Husson, tandis qu’Amélie de Montchalin
a parlé d’un « bon compromis » qui couvre « 82 % des ménages » et a
reconnu que « Cela en coupe la moitié » en termes de recettes
attendues.

Impôt sur le revenu 2026 : serez-vous
parmi ceux qui verront une baisse ?

La réponse dépend d’abord de votre position dans le barème.
Bercy rappelle que seulement 17 % des foyers fiscaux relèvent de la
tranche à 30 %, et près de 1,2 % des tranches à 41 % et 45 % ; la
grande majorité se situe sous ou autour de la première tranche. Si
seule cette dernière est réindexée, l’enjeu principal sera d’éviter
une entrée dans l’impôt pour les foyers aujourd’hui non imposables
ou tout juste à 11 %. « Faire payer les classes moyennes, ça n’est
pas possible », a résumé le sénateur Grégory Blanc.

Très concrètement, vous êtes surtout concerné par une baisse ou,
plus souvent, par une moindre hausse dans les cas suivants :

  • vous étiez non imposable avec un revenu proche de 11 497 euros
    par part : la réindexation du seuil à 11 612 euros peut vous
    maintenir en dessous de l’impôt ;
  • vous êtes dans la tranche à 11 % et votre revenu a suivi
    l’inflation : une réindexation complète du barème limite
    l’augmentation de votre facture par rapport au scénario de gel
    ;
  • vous appartenez aux 17 % de foyers dans la tranche à 30 %, ou
    aux 1,2 % supérieurs : seule une réindexation de toutes les
    tranches évite que la progression de vos revenus ne se traduise par
    un accroissement plus marqué de l’impôt.