L’ancien numéro 5 mondial Jo-Wilfried Tsonga et l’entraîneur Patrick Mouratoglou sont en profond désaccord sur la valeur du Top 10 mondial actuel du circuit ATP et s’écharpent sur les réseaux sociaux.

Un coup à toi, un coup à moi. Tel un vrai match de tennis, Jo-Wilfried Tsonga et Patrick Mouratoglou ne cessent de se renvoyer la balle depuis plusieurs jours. Des échanges froids, partis d’une comparaison de la part de l’ancien numéro 5 mondial sur le niveau actuel du Top 10 du classement ATP actuel et celui de son époque de joueur.

Dans une interview accordée au média Univers Tennis en octobre dernier, Jo-Wilfried Tsonga a comparé le niveau du duo Jannik Sinner-Carlos Alcaraz avec celui du Big Three, à savoir Novak Djokovic, Rafael Nadal et Roger Federer. «J’aurais aimé voir Carlos Alcaraz gagner Roland-Garros en battant au 3e tour (Juan Martin) Del Potro, en huitièmes (Andy) Murray, en quarts (Novak) Djokovic, en demies (Roger) Federer et en finale (Rafael) Nadal» énonce le finaliste de l’Open d’Australie en 2008. «Parce qu’aujourd’hui, ils (avec Sinner) dominent de la tête et des épaules, ils sont deux».


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L’entraîneur de 55 ans ne partage visiblement pas l’avis de l’ancien joueur français. Selon lui, le Top 10 actuel n’a rien à envier à celui auquel le Big Three faisait face, comme il l’a fait savoir sur son compte Instagram le 2 janvier dernier. «Je ne pense pas du tout que (Jack) Draper, (Holger) Rune, (Alex) De Minaur, (Taylor) Fritz, (Ben) Shelton ou (Félix) Auger-Aliassime ne sont pas très bons et dangereux. Ce sont de grands joueurs !». Avant de piquer Tsonga : «Je suis désolé Jo mais je ne suis pas sûr que tu les aurais battus régulièrement».

Toi, tu es entraîneur, tu n’es pas le mieux placé pour me reprendre et me donner des leçons sur le haut niveau.

Tsonga à Mouratoglou

Une réponse que le Manceau n’a pas appréciée. Dans une story publiée sur Instagram ce mercredi, il a répondu sèchement à celui qui a notamment entraîné Serena Williams, Holger Rune ou plus récemment Naomi Osaka. «Je crois qu’il faut que tu respectes un minimum le joueur que j’ai été plutôt que de dénigrer» a affirmé Jo-Wilfried Tsonga. «[…] Tu resteras juste le coach, ’’the’’ coach (le surnom de Mouratoglou, NDLR), le commentateur, l’organisateur d’événements, le mécène et je te félicite pour ça mais toi, tu n’auras jamais ressenti dans ta chair la plus profonde ce qu’est d’être un joueur de tennis, de rentrer dans l’arène. Tu ne sais pas ce que c’est. Toi, tu es entraîneur, tu n’es pas le mieux placé pour me reprendre et me donner des leçons sur le haut niveau».

Dans sa réponse, Jo-Wilfried Tsonga reconnaît malgré tout un point d’accord avec l’entraîneur de 55 ans. «Tu as raison sur un point, c’est que ça n’enlève aucun crédit à Alcaraz et Sinner de dominer autant. Mais je crois que j’ai le droit de me poser la question». Un désaccord profond, qui fait écho à la rivalité des deux académies dans lesquelles les deux hommes sont impliqués : Patrick Mouratoglou possède son académie dans les Alpes-Maritimes, tandis que Tsonga s’investit dans sa All In Academy, à Lyon-Décines et Villeneuve-Loubet, aux côtés de Thierry Ascione.

À la fin de sa story, Jo-Wilfried Tsonga achève sa prise de parole avec ces mots et cette petite pique : «Bonne année 2026, continue de faire ce que tu fais pour le tennis, tu le fais bien, mais s’il te plaît, respecte un tout petit peu les joueurs». Une dernière demande pour mettre fin au débat ?