[Article déjà publié le 27
octobre 2025]

En 1812, Napoléon, à la tête d’une armée de plus de 600 000
hommes, tente d’envahir la Russie afin de continuer à étendre les
limites de l’Empire de France jusqu’aux confins de l’Europe.
Pourtant, si l’Empereur avait su mettre à bien son génie militaire
lors de ses différentes campagnes, il n’arrivera jamais à ses fins
pour faire ployer le genou russe. Deux cent ans plus tard, des
analyses ADN révèlent les véritables causes de la défaite de
Bonaparte. 

Ce n’est pas le typhus qui a entraîné la défaite de
Napoléon

C’était pourtant la théorie majeure pour expliquer comment
Napoléon avait conduit à la mort près d’un demi-million de soldats
en l’espace de six mois. En effet, au regard d’archives datées de
cette époque funeste, des médecins et soldats témoignaient des
ravages du typhus dans les rangs français. 

Mais ce n’est pas tout. En plus de ces témoins de l’Histoire,
des analyses ont permis de découvrir des traces particulièrement
équivoques de la maladie. À savoir, des poux de corps, les
principaux vecteurs du typhus, mais aussi des traces ADN de
Rickettsia prowazekii, qui n’est autre que la bactérie
directement responsable de la maladie. 

Bref, tout portait donc à croire que Napoléon fut défait par les
Russes et le typhus. 

Pourtant, une récente étude parue dans la revue Current Biology le 24
octobre 2025 vient mettre à mal cette théorie largement répandue et
reprise également dans les livres d’Histoire. 

Celle-ci présente de nouvelles analyses ADN réalisées sur les
dents de 13 soldats qui ont perdu la vie lors de la tentative de
retraite de l’armée française à Vilnius en Lituanie. Et surprise :
aucune trace de typhus n’a été retrouvée. 

Mais alors, de quoi sont morts
les soldats français ?

La défaite cuisante de Napoléon en Russie a donc porté un coup
d’arrêt monumental à la tentative d’expansion de l’Empire de France
dans l’Est de l’Europe. Et si les troupes du Tsar Alexandre Ier ont
su adopter une bonne stratégie militaire pour contrer les plans de
Bonaparte, leur victoire a été accélérée grâce à deux
bactéries. 

C’est ce que révèlent les analyses ADN qui ont fait l’objet de
l’étude. Ainsi, si le typhus a été écarté, les chercheurs ont
découvert la présence de traces de Salmonella enterica et
de Borrelia recurrentis. 

Et celles-ci suffisent à expliquer pourquoi la théorie du typhus
s’est largement répandue au fil du temps. En effet, dans leur étude
les chercheurs mettent en avant le fait que Salmonella
enterica est la bactérie responsable de la fièvre dite
«typhoïde», quand Borrelia recurrentis, elle, est
transmise par les poux de corps et provoque également une fièvre
importante. 

«Oui, mais “typhoïde” et typhus, c’est pareil non ?»
pourriez-vous imaginer. 

Eh bien non. Pour la simple et bonne raison que la fièvre
typhoïde est une maladie à part entière qui ne fut véritablement
considérée comme telle qu’à la fin du XIXe siècle. Ainsi, si ses
symptômes ressemblent à ceux du typhus, d’où le nom «typhoïde», il
s’agit de deux choses bel et bien différentes. Et s’il fallait une
autre raison : les deux mots sont… différents. 

Ainsi, en se basant uniquement sur les récits des médecins et
soldats voyant tomber leurs frères d’armes sur le front, la défaite
de Napoléon pouvait donc s’expliquer par une épidémie de typhus.
Pourtant, deux cent ans plus tard, nous connaissons enfin le
véritable coupable derrière cette déconvenue. 

Enfin, si on ne compte pas la folie de Napoléon qui a tout de
même tenté d’envahir la Russie alors que les températures
commençaient à baisser et que son armée n’était pas du tout
disposée et équipée à résister aux températures glaciales qui
s’installaient progressivement dans le pays.

Source : Popular Science