Par
Rédaction Rennes
Publié le
13 janv. 2026 à 16h12
Après l’expulsion du parc de Maurepas jeudi 23 octobre 2025, de l’espace social commun Simone-Iff jeudi 4 décembre, 17 migrants pourront à nouveau être évacués du parc Saint-Cyr, à Rennes, mercredi 14 janvier 2026. En effet, la Ville a saisi le tribunal administratif de Rennes. Le juge des référés s’est prononcé, lundi 12 janvier.
« Des nuisances de toute nature »
La Ville de Rennes avait, en effet, saisi en urgence le tribunal administratif de Rennes le 23 décembre 2025 pour être autorisée à expulser sous 48 heures 17 hommes – dont un sous « curatelle renforcée » – qui ont « irrégulièrement » installé des « toiles de tente » dans le parc Saint-Cyr. Elle demandait au besoin « le concours de la force publique ».
Ces « occupations multiples et mouvantes » qui ont cours « depuis plusieurs mois » présentent en effet « des risques pour la sécurité, la salubrité et l’environnement » et causent « des nuisances de toute nature », faisait valoir l’équipe de la maire (PS) de Rennes Nathalie Appéré.
Les occupants ont « dégradé la clôture du parc pour y pénétrer en dehors des heures d’ouverture », faisait remarquer la mairie. Il y avait donc « urgence » à procéder à une telle évacuation : outre les « troubles » du voisinage, les services municipaux ont constaté une « accumulation de déchets » et une « atteinte » à l’affectation de ce lieu de promenade.
Des signalements par les services municipaux
Lors de l’audience, le 7 janvier 2026, seule l’avocate de la mairie était présente. « Compte tenu du Plan grand froid, toutes les personnes qui avaient besoin d’être mises à l’abri [par les services de l’État, ndlr] l’ont été, mais ce n’est pas une garantie », avait expliqué la juge des référés. « Ces occupants qui vont et qui viennent ont vocation à retourner au parc quand la prise en charge de l’État ne sera plus effective », avait abondé l’avocate de la mairie. La mesure d’expulsion sollicitée conservait donc toute son « utilité ».
Contactées par PressPepper, la préfecture et la mairie de Rennes confirment qu’un « accueil inconditionnel de toutes les personnes ayant besoin d’être mises à l’abri » avait été mis en place. Mais le Plan grand froid – qui a permis leur relogement temporaire « principalement dans des hôtels où il y avait de la place » – a pris fin le vendredi 9 janvier 2026.
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Concrètement, un retour des occupants dans ce parc était donc hautement probable. Or « ces personnes ne justifient d’aucun droit ni titre pour occuper le parc qui appartient au domaine public communal », relève la juge des référés dans son ordonnance. Cette « demande d’expulsion » ne se heurte donc à « aucune contestation sérieuse ».
Un commissaire de justice (ex-huissier de justice) s’était d’ailleurs rendu sur place les 3 et 4 décembre 2025, et des « signalements » avaient été faits par les services municipaux. « Cette occupation n’est pas paisible et génère de fortes nuisances, tant par les atteintes qu’elle porte au milieu environnant et à la salubrité publique que par les risques de sécurité qu’elle suscite pour les autres usagers du parc et le personnel municipal », détaille la magistrate dans sa décision.
« Déchets, excréments, seringues »
« Il est ainsi fait état de la présence de déchets et d’excréments conduisant à la prolifération de rats, et des risques liés à des déchets dangereux de type seringues, à la mise en place de branchements électriques non sécurisés ou à l’usage de réchauds et feux de bois, sous les arbres », énumère-t-elle.
Les agents municipaux ont par ailleurs « subi des agressions » et les jardiniers de l’association « Les Jardinets de Saint-Cyr » – qui occupe une partie de ce parc et de la serre – ne peuvent « plus y accéder pour effectuer leurs missions de maintenance dans les zones occupées, par crainte pour leur sécurité, à raison de l’agressivité des personnes […], parfois sous l’emprise de l’alcool ou de la drogue, ayant des chiens non tenus en laisse ».
« Les résidents et le directeur de l’Ehpad, qui est bordé par le Parc Saint-Cyr, ont également signalé la gravité des faits dont ils ont pu être témoins », ajoute la juge des référés. Enfin, « les services de police sont intervenus à plusieurs reprises pour des faits de troubles à l’ordre public, particulièrement pour des rixes ou pour un départ d’incendie ».
« Un caractère d’urgence »
« Eu égard aux risques pour la salubrité et la sécurité publiques résultant de cette occupation, la mesure sollicitée par la Ville de Rennes présente un caractère d’urgence et d’utilité », en déduit la juge des référés.
La magistrate a donc laissé aux occupants jusqu’au mercredi 14 janvier 2026 à 12h pour quitter les lieux, sans quoi la Ville sera autorisée à les déloger « au besoin avec le concours de la force publique ».
CB et GF (PressPepper)
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