Depuis plusieurs semaines, la FNSEA et les Jeunes Agricultures (JA) réclamaient au gouvernement « une loi spéciale » et un moratoire « sur l’ensemble des sujets eau ». Mardi 13 janvier, au terme d’une journée où entre 350 et 500 tracteurs aux couleurs de cette alliance syndicale sont entrés dans Paris, Sébastien Lecornu a fait des annonces qui répondent quasiment point par point à leurs revendications.
« J’ai demandé à la ministre Annie Genevard de préparer pour le Salon de l’agriculture une loi d’urgence agricole autour de plusieurs priorités : eau, prédation, moyens de production », a indiqué le premier ministre sur X.
Les textes fixant les volumes d’eau prélevables suspendus
« Ce texte sera inscrit à l’ordre du jour du conseil des ministres au mois de mars et sera ensuite examiné par le Parlement avant l’été », a promis Sébastien Lecornu. Il a demandé, avant la présentation du projet de loi, un « moratoire sur toutes les décisions relatives » à la question de l’eau et la suspension des « textes fixant les volumes d’eau prélevables […] jusqu’à septembre ».
Le chef du gouvernement a également évoqué des réunions pour étudier « les possibilités de dérogation » à la directive européenne sur les nitrates, qui encadre notamment les épandages d’engrais par les agriculteurs. Cela s’ajoute à un paquet de « 300 millions d’euros » annoncé vendredi par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, et qui contient notamment des mesures qui ne pourront « entrer en vigueur qu’avec l’adoption du budget », a glissé le premier ministre à l’adresse des parlementaires.
En fin de semaine dernière, ces annonces n’avaient pas suffi à calmer la colère des agriculteurs de la Coordination rurale (CR) et de la Confédération paysanne, qui venaient de défiler dans les rues de la capitale. La CR a d’ailleurs dénoncé sur X « la différence de traitement du gouvernement face à [ses] mobilisations », en référence aux interdictions auxquelles le deuxième syndicat a fait face en cherchant à faire entrer ses tracteurs dans Paris, jeudi dernier.
Le barrage de Carbonne levé
Entrés à l’aube dans Paris, les tracteurs ont descendu les Champs-Élysées avant de s’établir devant l’Assemblée, avec duvets et matelas, conditionnant leur départ à un rendez-vous à Matignon qui a eu lieu dans l’après-midi. Après les annonces du premier ministre, les responsables de la FNSEA se concertaient sur la suite à donner au mouvement.
Au même moment, à travers la France, des opérations se poursuivaient, notamment sous la houlette de la Coordination rurale au péage de Fresnes-lès-Montauban (Pas-de-Calais) sur l’A1. Plus tôt dans la journée, à La Rochelle (Charente-Maritime), les CRS ont mis fin au blocage du dépôt pétrolier du port de la Pallice, mis en place lundi par la CR 17. Près de Toulouse (Haute-Garonne), les « Ultras de l’A64 » ont quant à eux accepté de lever le barrage emblématique de Carbonne, en place depuis le début de la mobilisation début décembre. Mais, à quelques jours de la signature de l’accord UE-Mercosur, qui doit intervenir samedi, ils étaient nombreux, partout en France, à promettre « de ne rien lâcher ».
Avec AFP