La procureure de la République de Strasbourg, Clarisse Taron et la maire, Jeanne Barseghian ont signé ce 13 janvier 2026, une convention « rappel à l’ordre ». Désormais, si une personne a un comportements inadapté mais non répréhensible devant la justice, elle pourra être convoquée à la mairie.

La mairie et le parquet de Strasbourg resserrent leur coopération pour mieux lutter contre les comportements inadaptés. Une convention de « rappel à l’ordre » a été signé le 13 janvier 2026 entre la maire, Jeanne Barseghian, et la procureure de la République, Clarisse Taron. Elle définit concrètement un droit de l’élu : convoquer un habitant si il agit de façon inadaptée, par exemple, s’il provoque des incivilités qui ne tombent pas sous le coup de la loi. Ce dispositif vise principalement les mineurs et les jeunes adultes. Il permet une meilleure collaboration, avec l’objectif de détecter plus rapidement les comportements illégaux.

Une collaboration entre les services de la mairie et la Justice

Les maires ne sont pas obligés de signer une convention avec le parquet pour pouvoir convoquer leurs habitants en cas de comportement irrespectueux, mais avec ce système, les deux entités collaborent. Les services de la mairie de Strasbourg doivent d’abord demander l’autorisation à la procureure de la République, Clarisse Taron pour convoquer une personne.  ‘Il s’agit évidemment pas de traiter de cette manière là des violences, des outrages, précise Clarisse Taron, mais de traiter des nuisances, des chahuts, des incivilités qui peuvent aussi être le signe d’un comportement non respectueux des règles du vivre ensemble. » Une fois que la procureure a donné son accord, le fautif est convoqué à la mairie, avec ses parents s’il est mineur.

À Strasbourg, il sera reçu par Nadia Zourgui, adjointe à la maire en charge de la tranquillité publique, ainsi que l’élu responsable de la zone où s’est produite l’incivilité. « Le but ce n’est pas de faire peur, explique Nadia Zourgui, c’est vraiment de faire comprendre l’importance de l’acte. Faire comprendre à l’enfant que chaque acte qu’il va commettre a un impact sur le reste, sur le concierge qui doit réparer, par exemple quand il vient squatter une cour d’école et qu’il laisse des déchets ».  Ces personnes « victimes » de l’incivilité seront également invitées lors de la convocation.

Prévenir plutôt que punir

À l’issue de cet entretien, aucune punition directe n’est prise, mais il peut éventuellement servir de signal d’alerte, confirme la procureure de la République, Clarisse Taron : « On peut avoir un jeune adolescent qui ne respecte plus rien et à ce moment là,  on peut vérifier s’il y a une nécessité de mettre en place un suivi éducatif, par exemple. Ces échanges avec la mairie peuvent aussi déboucher sur d’autres saisine de l’institution judiciaire », ajoute la procureure. L’objectif reste avant tout de stopper un débordement de comportement avant qu’il devienne illégal.

En effet, la mairie n’a aucun pouvoir de punition, l’idée n’est pas non plus de réprimander sur le plan moral, estime Nadia Zourgui, adjointe à la maire en charge de la tranquillité publique. « Ce n’est pas coercitif, explique-t-elle, c’est vraiment expliquer les règles de vivre ensemble, de société, de ce qu’on peut faire, ce qu’on ne peut pas faire et faire comprendre à l’enfant que ça a un impact sur tout le reste de la communauté. À un moment donné, on ne peut pas laisser faire. Ce n’est pas pour tirer les oreilles, c’est pour faire comprendre l’impact de l’acte ». Le protocole pourra être modifié au fur et à mesure pour l’affiner et un premier bilan chiffré est prévu en janvier 2027.

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