Le Royaume-Uni s’apprête à renoncer à rendre obligatoire la détention d’une carte d’identité numérique pour les travailleurs, rapportent mardi The Times, la BBC et d’autres médias, marquant potentiellement un nouveau revirement de politique pour le gouvernement travailliste.

Le Premier ministre Keir Starmer avait annoncé en septembre dernier que son gouvernement exigerait que chaque employé détienne une carte d’identité numérique afin de lutter contre l’immigration illégale et de réduire la menace représentée par le parti populiste Reform UK.

Le gouvernement avait précisé que cette identité numérique serait conservée sur le téléphone portable des citoyens et deviendrait un élément obligatoire lors des vérifications effectuées par les employeurs lors de l’embauche.

Le projet avait suscité des critiques de la part de l’opposition politique, certains estimant qu’il ne dissuaderait pas l’immigration illégale, d’autres alertant sur un risque d’atteinte aux libertés individuelles.

The Times indique que le gouvernement a abandonné le projet en raison de craintes qu’il ne sape la confiance du public dans le dispositif, précisant que, lors de son introduction en 2029, la carte d’identité numérique serait optionnelle plutôt qu’obligatoire.

D’autres formes de documentation, telles qu’un visa électronique ou un passeport, resteraient valides, selon The Times.

« Nous restons engagés en faveur de vérifications numériques obligatoires du droit au travail », a déclaré un porte-parole du gouvernement. « Nous avons toujours été clairs sur le fait que les détails du dispositif d’identité numérique seront présentés après une consultation publique complète, qui sera lancée prochainement. »

Le porte-parole a ajouté que les contrôles actuels reposent sur un « bricolage » de systèmes papier, sans qu’il existe de trace de leur réalisation, exposant ainsi le processus à la fraude et aux abus.

Si le projet de carte d’identité numérique obligatoire est effectivement abandonné, il s’agirait d’un nouveau recul politique pour Keir Starmer.

En décembre, le gouvernement avait déjà revu à la baisse un projet visant à augmenter la fiscalité sur les agriculteurs, quelques mois après avoir renoncé à des coupes dans les dépenses sociales et avoir limité une proposition de réduction des subventions aux factures d’énergie pour les personnes âgées.