EN BREF
- La commission d »enquête parlementaire sur l’audiovisuel
public reprend ses travaux le 19 janvier, avec Léa Salamé convoquée
début février. - Léa Salamé, présentatrice de France 2, sera auditionnée
dans un contexte tendu sur la neutralité et le financement de
l’audiovisuel public. - L’audition de Léa Salamé, sous haute surveillance,
pourrait raviver le débat sur l’indépendance de l’audiovisuel
public en France.
La commission d’enquête
parlementaire sur l’audiovisuel public s’apprête à reprendre ses
travaux à partir du lundi 19 janvier. Après une pause de plusieurs
semaines, les auditions vont à nouveau
s’enchaîner, avec cette fois des noms très médiatiques au
programme. Parmi eux, celui de Léa Salamé, figure emblématique de
France Télévisions, dont la convocation intrigue.
Présentatrice du journal de 20
heures de France 2, la journaliste,
qui a été écartée des Victoire de la Musique, sera entendue
début février. Une audition qui s’inscrit dans un contexte déjà
tendu autour de cette commission, créée pour se pencher sur
la neutralité, le fonctionnement et le financement du service
public de l’audiovisuel.
Commission audiovisuel public,
un calendrier d’auditions très attendu !
La reprise des travaux a été
confirmée par le président de la commission, le député Horizons
Jérémie Patrier-Leitus. Dans un communiqué, il a précisé
que les convocations avaient repris après une réunion du
bureau le 6 janvier. L’objectif affiché est clair :
remettre de l’ordre dans une commission secouée par de nombreux
incidents depuis son lancement fin novembre.
Le calendrier prévoit
plusieurs auditions majeures. Le 21 janvier, le journaliste Pierre
Haski sera entendu en tant que président de Reporters sans
frontières, accompagné de deux autres représentants de
l’association. Léa Salamé est, quant à elle, attendue le 2 février,
le même jour que Laurent Delahousse.
La ministre de la Culture Rachida Dati doit être auditionnée le
5 février. Plusieurs séquences seront également consacrées
spécifiquement à l’activité de France Télévisions. Pour éviter les
débordements observés précédemment, Jérémie Patrier-Leitus a
annoncé un cadre plus strict. « Afin d’éviter le dévoiement de la commission en
tribunal politique, en lieu de la politique spectacle, j’ai décidé
d’organiser les auditions selon une répartition thématique
cohérente », a-t-il expliqué.
Léa
Salamé auditionnée dans un climat sous haute tension
Si la convocation de Léa
Salamé attire autant l’attention, c’est aussi en raison du climat
explosif. Depuis ses débuts, les travaux se sont déroulés
dans une atmosphère électrique. Créée à la demande de
l’UDR, parti allié du Rassemblement national favorable à la
privatisation de l’audiovisuel public, la commission a rapidement
suscité des critiques. Fin décembre, les auditions avaient même été
partiellement suspendues après une multiplication d’incidents. La
présidente de Radio France, Sibyle Veil, avait notamment dénoncé
dans un courrier des « déformations publiques » de ses propos tenus en
audition, pointant des publications sur le réseau X du rapporteur
Charles Alloncle.
Pour éviter que la situation
ne dégénère à nouveau, de nouvelles règles ont été instaurées.
Jérémie Patrier-Leitus a rappelé que ces principes avaient été
« approuvés par le
rapporteur et les membres du bureau ». Désormais, il
sera interdit aux membres de la commission de commenter les
auditions en temps réel sur les réseaux sociaux. En cas de
manquement, la séance pourra être suspendue. L’audition de Léa
Salamé s’inscrit donc dans un cadre resserré, mais sous haute
surveillance. Si le contenu précis de son audition reste encore
flou, sa présence symbolise l’attention portée aux figures les plus
visibles du service public. Un rendez-vous très attendu, qui
pourrait bien relancer le débat autour de l’indépendance et du rôle
de l’audiovisuel public en France.