Par Le Figaro avec AFP

Le 13 janvier 2026 à 16h05

La quétiapine, médicament emblématique des pénuries de psychotropes car la première signalée, est souvent prescrite pour traiter la schizophrénie.
Semi – stock.adobe.com

La situation s’améliore sur l’approvisionnement des médicaments psychotropes, mais des tensions demeurent et devraient durer plusieurs mois.

« La situation (sur les pénuries de médicaments psychotropes) tend à s’améliorer progressivement », a signalé mardi l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), mais la situation reste fragile et des tensions devraient perdurer plusieurs mois. « Pour certains médicaments, les stocks commencent à se reconstituer sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement (du laboratoire aux pharmacies), ce qui contribue à limiter l’impact des tensions pour les patients. »

« Plusieurs approvisionnements qui étaient attendus se sont concrétisés fin 2025 et se poursuivent en ce début 2026 », précise l’ANSM, mais « cette reconstitution progressive demeure toutefois fragile et dépend fortement de la régularité des approvisionnements par les laboratoires ».


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Délocalisations et prix trop bas

Plusieurs médicaments, largement prescrits en psychiatrie, connaissent des difficultés d’approvisionnement depuis début 2025. Elles ont des causes diverses, dont la délocalisation de la production de principes actifs et un système de fixation des prix parfois jugé insuffisamment rémunérateur par l’industrie pharmaceutique.

Alors que la santé mentale est « grande cause nationale » en 2025, ces tensions et pénuries sont une épreuve pour les malades, pour qui un arrêt brutal de traitement peut avoir des conséquences dramatiques.

L’une des pénuries les plus emblématiques, car la première signalée par les psychiatres et les patients, concerne la quétiapine, souvent prescrite pour traiter la schizophrénie. « Les informations fournies par les laboratoires permettent d’envisager un retour à la normale d’ici la fin du premier semestre 2026 », annonce l’ANSM. Les stocks sont en train d’être reconstitués pour certains dosages – 50 mg et 300 mg – mais pas encore pour la version 400 mg.

En revanche, la situation semble revenir à la normale pour la rispéridone, prescrite pour plusieurs pathologies dont la schizophrénie et les troubles bipolaires, et la chlorpromazine (Largactil), qui est surtout utilisée dans les troubles psychotiques, là encore schizophrénie, ainsi que délires paranoïaques. Pour le premier, qui rencontrait des difficultés dans sa version injectable, le retour à la normale est déjà effectif, selon l’ANSM, et pour le second sa disponibilité devrait être rétablie d’ici trois à quatre semaines.

Concernant d’autres traitements, comme le téralithe – sels de lithium contre la bipolarité – ou la venlafaxine, l’ANSM évoque une « amélioration » sans retour général à la normale. Pour le téralithe, les besoins sont assurés pour certains dosages (400 mg), mais les stocks d’urgence encore mobilisés pour d’autres.