À nouveau, la justice états-unienne a tranché en la défaveur de l’administration Trump. Un juge fédéral de Washington a autorisé la reprise de la construction du parc éolien Revolution Wind (704 MW), porté par une coentreprise du danois Ørsted et de l’allemand Skyborn Renewables, et déjà réalisé à 87%, dans le cadre d’une nouvelle « injonction préliminaire ». Une mesure d’urgence devant prévenir un dommage grave ou irréparable, après une plainte déposée le 1er janvier par Ørsted. Fin décembre, l’administration Trump avait ordonné l’arrêt de la construction de cinq projets éoliens, sur la côte Est, d’une capacité totale de 5.8 GW, arguant de « nouveaux risques pour la sécurité nationale ».
C’est la deuxième fois que la justice donne raison aux porteurs du projet, dont toutes les fondations, les câbles d’export et les deux sous-stations sont installées, ainsi que 58 des 65 turbines. La Cour fédérale du district de Columbia avait autorisé la reprise de la construction du parc en septembre dernier, dans le cadre d’une première « injonction préliminaire », après un mois d’interruption sur ordre de l’administration Trump.
Le Sleipnir installant les fondations gravitaires du parc éolien de Fécamp.
Par ailleurs, l’énergéticien norvégien Equinor, qui porte le parc éolien Empire Wind 1 (816 MW), a averti, il y a quelques jours, qu’il était sur le point d’abandonner son projet actuellement suspendu. Des représentants du groupe, qui a également déposé un recours auprès de la justice américaine, ont déclaré devant un tribunal que si les travaux ne reprenaient pas d’ici le 16 janvier, la construction subirait des répercussions en cascade le contraignant à annuler ce projet à plusieurs milliards d’euros. Le navire-grue géant Sleipnir d’Heerema, arrivé à New-York le 12 janvier, depuis Rotterdam, avec une fondation jacket de sous-station, devait l’installer avant le 26 janvier, mais l’opération est compromise par l’ordre de l’administration Trump. Or, pour préserver l’intégrité de ses équipements électriques, le jacket ne peut être conservé trop longtemps à bord et doit être transféré à terre, s’il ne peut être installé en mer. Mais Equinor a fait valoir qu’il n’avait connaissance d’aucune installation terrestre pouvant accueillir la volumineuse structure de 3000 tonnes.
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