Yannick Vely
13/01/2026 à 21:33, Mis à jour le 13/01/2026 à 21:39
Avant son sublime «Un été en hiver», récompensé au Festival de Locarno, le réalisateur nippon Sho Miyake démontrait la finesse de son écriture cinématographique avec «Jusqu’à l’aube».
Le synopsis
Misa et Takatoshi ne se connaissent pas encore lorsqu’ils rejoignent une petite entreprise japonaise d’astronomie. En quête d’un nouvel équilibre, ils ont délaissé une carrière toute tracée : elle, en raison d’un syndrome prémenstruel qui bouleverse son quotidien ; lui, à cause de crises de panique aiguës. Peu à peu, ils apprennent à travailler autrement, se rapprochent, s’apprivoisent… et découvrent qu’une présence suffit parfois à éclairer la nuit.
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La critique de Paris Match (4/5)
Sur l’affiche française du film, figurent deux éloges de réalisateurs japonais illustres, Makoto Shinkai (« Your Name ») et Ryusuke Hamaguchi (« Drive My Car »). Ce n’est pas un hasard (ni une fantaise, NDLR), tant on retrouve dans « Jusqu’à l’aube » certaines qualités des films des auteurs précités : une grande finesse d’écriture bien sûr, mais aussi une volonté de ne pas « forcer » les conflits et de se laisser porter par la rencontre de deux âmes solitaires. Le point de départ de « Jusqu’à l’aube » est si minimaliste qu’on doute qu’il puisse tenir la distance, avec pour antihéros, deux « asociaux » malgré eux, elle qui souffre de syndrome prémenstruel, sujet ô combien tabou au Japon, lui de crises de panique, y compris en entreprise.
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Et pourtant… Le récit tient sur cette ligne de crête entre joliesse et bienveillance, avec des idées renversantes de poésie, comme ce planétarium mobile, qui, finalement, résume parfaitement le projet du film. On doute de son utilité, on en rit presque un peu, cynique que nous sommes, mais quand la scène arrive, les larmes ne sont pas loin, des étoiles plein les yeux…
De Sho Miyake
Avec Hokuto Matsumura, Mone Kamishiraishi, Ryô