Alias Yvonne, « née le 4 septembre à la fin des années 80 », entre Tchernobyl et la chute du Mur, elle incarne la génération Y — ou « génération sandwich », comme elle préfère la nommer : coincée entre les « t’as pas connu la guerre » et les « c’était mieux avant ». Sur cette ligne de crête, Yvonne, deux tresses et pyjama écossais trop grand, remonte le fil de sa vie. Une rétrospection aigre-douce traversée par figures intimes et repères collectifs : la maîtresse Véro, le papé, « Titanic », l’essor des technologies, la politique, #MeToo, Nuit debout ou le confinement.
En guise de compagnon scénique central, ce fauteuil qu’elle fait tourner et rouler, tour à tour écran d’archives, support d’un liseré lumineux ou box d’entretien Pôle emploi. Samedi, au théâtre des Beaux-Arts, la salle bien remplie, rassemblait toutes les générations, l’adhésion dépassant largement les âges.