Une session économique et sociale est annoncée à Paris, après le rendez-vous politique du 16 janvier à l’Elysée. Les difficultés de la filière nickel y seront sans doute abordées. Une problématique qui a occupé la dernière après-midi de Claire Durrieu à Nouméa, mardi 13 janvier.
Un énorme enjeu
La directrice de la mission interministérielle dédiée à la reconstruction a été auditionnée par la commission nickel du Congrès. Au cœur des échanges, rien de moins que l’avenir des trois usines métallurgiques (de la SLN à Nouméa, KNS à Voh et Prony Resources dans le Grand Sud). Avec en jeu des milliers d’emplois.
Les repreneurs possibles ont des conditions
« Pour deux d’entre elles, elles n’ont jamais été rentables. Pour l’une d’entre elles, elle ne l’est plus depuis 2012 donc c’est une crise qui est très ancienne », resitue Claire Durrieu. « Il y a un processus de recherche de repreneur pour les trois usines, souligne-t-elle. Ce que je peux dire, c’est qu’une offre est sur la table pour l’une d’entre elles, mais qui a une durée de péremption fin mars. »
On parle là de l’usine du Sud. « Pour les autres, il est possible qu’il y ait des offres prochainement. » Mais les repreneurs potentiels mettent deux conditions à leur engagement : un soutien massif de l’État le temps d’atteindre la rentabilité, cumulé à une ouverture des exportations du minerai brut non valorisable sur place.
« Lever les verrous »
Pour Virginie Ruffenach, la Calédonie doit faire sa part. « Il ressort de cette discussion qu’il nous faut faire le travail nécessaire pour lever les verrous qui mettent aussi cette filière dans la difficulté », déclare la présidente du groupe Rassemblement. « Nous avons dit que nous seront prêts à légiférer au Congrès et à lever tous les verrous possibles, dans notre domaine de compétences, par exemple sur la possibilité d’exportations. »
« Partenaires européens »
Au-delà de l’avenir des usines, les défis de la filière dans sa totalité ont été mis sur la table. Et à cette échelle, explique Philippe Dunoyer, le processus dépasse les seules compétences calédoniennes. « On a un sujet au long cours, qui est le plan de transformation au long terme de la filière nickel », ouvre l’élu Calédonie ensemble. « Notamment le partenariat avec des acteurs privés, mais de l’Union européenne, qui pourrait offrir des conditions de prix intéressantes à condition que des quantités leur soient garanties. »
« Ça permettrait à des usines d’avoir un ou des client(s) privilégié(s) à un prix qui assurerait leur rentabilité, pose-t-il. Ça nécessite aussi des exports, et ça nécessite un engagement de l’Etat sur l’amélioration de la facture de l’électricité. »
Prochaine étape à Paris en fin de semaine, avant un retour de Claire Durrieu à partir du 28 janvier.