Le Royaume-Uni a annoncé mardi un nouveau programme d’infrastructures ferroviaires d’une valeur pouvant atteindre 45 milliards de livres (60 milliards de dollars) pour le nord de l’Angleterre, une région longtemps pénalisée par le sous-investissement.

Le gouvernement a indiqué qu’il s’engageait à réaliser le projet Northern Powerhouse Rail en trois phases, en commençant par l’amélioration des liaisons entre les villes du Yorkshire : Sheffield et Leeds, Leeds et York, ainsi que Leeds et Bradford.

La suite prévoit une nouvelle ligne ferroviaire entre Liverpool et Manchester, passant par l’aéroport de Manchester, puis l’amélioration des liaisons entre Manchester et le Yorkshire.

Les villes britanniques hors de la capitale affichent un retard de productivité plus important que leurs homologues d’autres pays, les infrastructures de transport obsolètes et limitées ayant été identifiées par des organisations telles que l’OCDE comme un facteur clé.

Les liaisons ferroviaires dans le nord, qui abrite trois des cinq plus grandes agglomérations d’Angleterre, sont confrontées à des goulets d’étranglement sur des lignes datant de l’ère victorienne.

Le gouvernement travailliste du Premier ministre Keir Starmer, à la traîne dans les sondages face au parti réformateur de droite Reform Party UK, a fait de la réduction des inégalités régionales entre Londres et le reste du pays une priorité absolue.

« Si la croissance économique est le défi, l’investissement et le renouveau sont la solution. C’est pourquoi nous mettons fin à des années de sous-investissement chronique dans le Nord », a déclaré la ministre des Finances Rachel Reeves.

L’essentiel des dépenses — plafonnées à 45 milliards de livres à prix constants — interviendra dans les années 2030 et 2040. Aucune date d’ouverture contraignante n’est prévue, une leçon tirée du projet de ligne à grande vitesse HS2, interrompu en raison de la flambée des coûts.

En octobre 2023, le Premier ministre conservateur de l’époque, Rishi Sunak, avait annulé la portion nord du projet HS2, les coûts ayant explosé et l’organisme de surveillance des infrastructures ayant signalé un problème fondamental dans la capacité du Royaume-Uni à gérer de tels projets d’envergure.

Le gouvernement a précisé mardi son intention de construire une nouvelle ligne ferroviaire entre Manchester et la ville de Birmingham, dans le centre de l’Angleterre, une fois le projet Northern Powerhouse Rail achevé, sans toutefois qu’il s’agisse d’une « restauration » des anciens plans HS2.

Il a indiqué tirer les enseignements des échecs du HS2, qui ne reliera plus que Londres à un point situé légèrement au nord de Birmingham, avec une ouverture prévue au-delà de la date cible de 2033.

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