« 28 ans plus tard : le temple des morts » (1h50) est un film fantastique de Nia Dacosta (Grande-Bretagne / États-Unis), avec Ralph Fiennes, Alfie Williams, Jack O’Connell.

L’histoire

Au cœur du temple des morts, le docteur Kelson (Ralph Fiennes) noue une relation aussi troublante qu’inattendue dont les répercussions sont susceptibles de bouleverser notre monde. De l’autre côté, la rencontre entre Spike (Alfie Williams) et Jimmy Crystal (Jack O’Connell) tourne au cauchemar…

Notre avis

Restée longtemps en sommeil (les deux premières propositions datent de 2002 et 2007), la franchise des « 28 » était revenue l’année dernière par la grande porte via le réalisateur Danny Boyle. Et si le réalisateur de Trainspotting n’est pas aux commandes du deuxième chapitre de cette trilogie, le scénariste Alex Garland répond présent. Cela permet de conserver une certaine cohérence et ce d’autant plus que l’action reprend là où on l’avait laissée, avec le jeune Spike sauvé in extremis par une mystérieuse bande de « Jimmys » affublés de perruques blondes.

Derrière la caméra, on retrouve donc Nia DaCosta, laquelle avait séduit avec son reboot de Candyman… avant de décevoir lors du blockbuster The Marvels. Sans épater au niveau de sa réalisation, elle assure l’essentiel dans ce film d’horreur… encore plus minimaliste que le précédent, puisqu’on ne retrouve qu’une dizaine de personnages dans un endroit isolé infesté de zombies, même si ces derniers sont peu présents. Cela n’empêche pas la cinéaste de livrer quelques scènes gores qui demanderont aux spectateurs d’avoir le cœur bien accroché.

Le parti pris « réaliste » dans l’approche accentuant cet effet. À l’instar des séries The Walking Dead ou The Last of Us, le danger principal est ici incarné par les humains, sans foi ni loi avec leurs pairs. La figure du sataniste Jimmy Crystal, campé par un Jack O’Connell qui s’en donne à cœur joie, accompagné de ses disciples, en est le meilleur exemple. À l’inverse, le fameux « Alpha », ce mort-vivant à la force colossale et maître des autres infectés, s’humanise au contact du Docteur Kelson, et noue même une amitié avec lui ! Par ces parcours, et celui de Spike, essayant de conserver ce qu’il reste de son innocence dans un contexte d’une violence inouïe, ce Temple des morts parle de la déradicalisation.

Comment arriver à tuer le virus ? Le mal ? Arriver à le ramener à la raison ? Autant de questions explorées au sein de cet interlude ponctué de quelques envolées décalées aux tonalités pop-rock-métal. Voir Ralph Fiennes, l’ancien Voldemort, s’amuser à se faire passer pour le diable le temps d’une danse déjantée au milieu des flammes sur du Iron Maiden étant sans aucun doute le moment le plus jubilatoire de ce film, qui sans avoir la capacité de devenir un classique du genre, assure sa mission et permet de patienter jusqu’au final, actuellement en développement, où l’on retrouvera Jim / Cillian Murphy, le héros originel. La boucle sera alors bouclée.

La note :  3 / 5