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Dans le Lot, la circulation de la grippe reste active mais les indicateurs sanitaires montrent un ralentissement de l’épidémie. Le pic en passe d’être franchi appelle à maintenir les gestes de prévention pour éviter toute tension sur le système de santé.

À la pharmacie Lafayette de Cahors, le calme est revenu après plusieurs semaines sous tension. « Ça se tasse un peu », constate David Lewi, le pharmacien titulaire. « Le gros pic, on l’a clairement eu entre Noël et le jour de l’an. Depuis début janvier, il y a encore des cas, mais beaucoup moins. » Une impression de terrain qui rejoint les indicateurs sanitaires observés à l’échelle du département.

« On touche du bois, mais la situation tient bien »

Dans le Lot, la circulation du virus grippal reste active, mais la situation est jugée maîtrisée par l’Agence régionale de santé. « On touche du bois, mais la situation tient bien », explique Quentin Delacour, directeur de l’ARS dans le Lot. Actuellement, 19 personnes sont hospitalisées pour grippe dans l’ensemble des établissements du département, dont six au centre hospitalier de Cahors. Une activité réelle, mais « non dominante » selon les autorités sanitaires.

Dans le Lot, la circulation de la grippe reste active mais les indicateurs sanitaires montrent un ralentissement de l’épidémie

Dans le Lot, la circulation de la grippe reste active mais les indicateurs sanitaires montrent un ralentissement de l’épidémie
DDM – MICHEL VIALA

Les services d’urgences ne sont, à ce stade, pas saturés. À Gourdon, Figeac et Saint-Céré, les passages pour grippe restent peu nombreux. À Cahors, l’activité est plus soutenue, sans toutefois mettre le système en difficulté. Les tendances observées ces derniers jours confirment un infléchissement : stagnation à Gourdon et Saint-Céré, baisse à Figeac et Cahors depuis le week-end dernier.

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« Nous sommes très probablement en train de passer le pic épidémique », précise Quentin Delacour. En début de semaine, la probabilité que le pic soit atteint atteignait 60 %. « Il est soit cette semaine, soit la semaine prochaine. » Des effets rebonds restent possibles, notamment après les nombreux contacts liés aux fêtes de fin d’année, mais la dynamique globale est à la baisse.

« Les soignants ne sont pas opposés à la vaccination, mais le temps manque »

Sur le terrain, les professionnels de santé ont ressenti une grippe « plus sonnante » cette année. « Beaucoup de patients arrivaient avec des symptômes de type gastro, qui évoluaient ensuite en véritables syndromes grippaux », observe le pharmacien cadurcien. Sans pouvoir comparer précisément avec l’an passé, il note des patients « bien éprouvés », souvent immobilisés plusieurs jours.

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Côté prévention, l’ARS insiste désormais moins sur la vaccination, la campagne touchant à sa fin, « même s’il n’est jamais trop tard pour se vacciner ». « Le bénéfice est simplement moins important à ce stade », reconnaît Quentin Delacour. En revanche, les gestes barrières restent essentiels : port du masque en cas de symptômes, limitation des contacts, gel hydroalcoolique, télétravail quand c’est possible. « Le système tient, mais il reste fragile. Il ne faut pas le mettre en difficulté. »

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La vaccination des soignants reste également un enjeu. Au centre hospitalier de Cahors, environ un soignant sur deux est vacciné contre la grippe. Un chiffre jugé satisfaisant, obtenu grâce à une démarche proactive : « l’aller vers », avec des équipes se déplaçant directement dans les services pour vacciner en quelques minutes. « Les soignants ne sont pas opposés à la vaccination, mais le temps manque. Quand on facilite, ça fonctionne », souligne le directeur de l’ARS. À ce stade, aucun décès lié à la grippe n’a été signalé dans le Lot.