Les températures plus basses ont permis une belle floraison du mimosa entre le Var et les Alpes-Maritimes alors que l’an dernier, certains producteurs avaient presque tout perdu.

Les mimosistes de la Côte d’Azur sont soulagés et satisfaits au moment de récolter les célèbres pompons qui drapent de jaune, en plein hiver, les massifs du Var et des Alpes-Maritimes. Après une année critique, où les pertes ont été jugées presque historiques, le mimosa a retrouvé sa splendeur et tous les producteurs y trouvent ainsi leur compte.

«C’est le jour et la nuit. La qualité est extrêmement bonne», souffle Michel Lovera, mimosiste dans le massif du Tanneron et président du syndicat des exploitants côté varois. «Cela n’a rien à voir. Cette année, il a bien “grappé”», confirme Fabien Reynaud, représentant côté maralpin dans la vallée de la Siagne.


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L’an dernier, certains mimosistes avaient quasiment fait une saison blanche à cause de conditions climatiques très défavorables pendant l’automne avec beaucoup de pluie et des températures trop douces. La plante avait alors «casqué», selon le jargon adéquat. Cette fois, «le climat a été complètement différent avec juste ce qu’il faut de pluie et des températures plus basses», explique Michel Lovera. Il a régulièrement fait près de zéro degré et «le froid et le sec sont très bons pour la plante», ajoute Fabien Reynaud. «Pourvu que ça dure car le temps est idéal pour la récolte», espère l’un des producteurs les plus importants de la Côte d’Azur.

«Grandes branches bien fournies»

Ces professionnels décrivent ainsi un mimosa avec «de grandes branches bien fournies en pompon» et «de belles tiges bien droites d’environ 60 centimètres». La variété du Mirandole a même pu être récoltée en avance, le Gaulois et l’Augier sont attendus très prochainement. De quoi répondre en toute sérénité aux carnets de commandes. «L’engouement est revenu», se félicite Michel Lovera.

Une vingtaine de mimosistes travaillent dans le massif du Tanneron (Var), où l’acacia dealbata – nom de l’arbre – s’étend sur près de 5000 hectares. Le mimosa a été importé d’Australie à la fin du XIXe siècle et s’est depuis fait une place de choix sous le soleil hivernal de la Côte d’Azur, d’abord dans l’arrière-pays cannois.

Les pompons dorés servent aujourd’hui la destination touristique, la culture et de manière générale, l’économie locale, la senteur de la plante pouvant être déclinée en divers produits. La ville de Mandelieu-la-Napoule, près de Cannes, organise même chaque année une fête du mimosa en février alors que les branches sont aussi jetées lors des corsos carnavalesques et des batailles de fleurs à Nice et Villefranche-sur-Mer.

Michel Lovera, qui avait perdu près de 80% de sa récolte l’an dernier, devrait bien pouvoir cueillir autant de mimosa que souhaité, même s’il reste prudent quant à la météo. Le moindre coup de vent, comme subi la semaine dernière, pourrait abîmer le mimosa, qui reste fragile. La famille Reynaud, troisième génération, espère de nouveau récolter ses près de 100 tonnes habituels. Certains producteurs avaient pu s’en sortir en cultivant l’eucalyptus, plante complémentaire pour ces professionnels.


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Alors que de nombreux touristes vont pouvoir profiter de randonnées dans ces massifs garnis de jaune éclatant – la fameuse «route du mimosa», de 130 kilomètres, entre Bormes-les-Mimosas et Grasse -, les professionnels insistent sur le fait qu’il ne faut pas en arracher. «Cela fait ensuite des dégâts pour tout l’arbre», insiste Michel Lovera. Qui ajoute : «Venez plutôt à notre rencontre, on se fera un plaisir d’échanger avec vous et on pourra même vous offrir une petite branche».