Par

Rédaction Clisson

Publié le

14 janv. 2026 à 8h37

Le 11 octobre 2025, vers 00 h 20, les gendarmes du Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) de Rezé se trouvaient rue de la Cale à Beautour, à Vertou, quand ils avaient vu un Dacia Duster rouler « à vive allure » et « faire un demi-tour au frein à main » devant eux. Ils avaient alors allumé leurs phares et leur gyrophare pour appréhender le conducteur.

Au volant, un ancien ambulancier, accompagné de deux amis, avait donc pris la fuite jusqu’à percuter une BMW à l’arrêt. « Déterminé à repartir » malgré tout, selon les gendarmes, il avait alors « monté sur un trottoir » et avait « manqué de percuter » l’un d’eux, a relaté le président du tribunal correctionnel.

Un tir avait alors été fait « sur le pneu », ce qui avait immobilisé la voiture. Mais ce jeune de 25 ans avait fait de « grands gestes » pour ne pas être menotté, ce qui lui avait valu d’être aussi poursuivi pour « rébellion ». Il avait « arrêté de bouger » qu’une fois « sous la menace » d’un pistolet à impulsions électriques.

Je croyais que tu allais y passer, mon pote. S’il n’avait pas fait un pas en arrière, je le voyais sous la voiture.

Les deux gendarmes

Le principal intéressé avait d’ailleurs confié avoir lui-même « le palpitant qui redescend tranquillement ».

« J’ai fait le kéké. J’ai fait de la merde »

Le prévenu roulait en fait sous l’emprise d’une « ligne » de cocaïne qu’il avait prise « sur une poubelle » devant chez lui. Il avait aussi près de 1 gramme d’alcool par litre de sang : après avoir regardé « un match de foot au bar » avec ses deux amis, tous trois étaient partis acheter « des bières et la vodka » dans une épicerie voisine. Sur le chemin du retour, cet agent de sécurité avait fait donc « fait le kéké » et « roulé de plus en plus vite » pour « montrer à son copain comment sa voiture elle allait vite », a résumé le président du tribunal correctionnel.

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Je sais que, derrière chez moi, il y a du sable… J’ai donc voulu faire un dérapage. Quand j’ai vu que les gendarmes étaient derrière nous, je n’ai pas voulu m’arrêter : je savais que j’avais pris une ligne, bu une bière et un verre de vodka… Je savais que j’avais fait de la grosse merde, quoi.

Le prévenu lors de son procès.

Le jeune homme, qui est « responsable de site » et « manager » dans son entreprise de sécurité privée, a en effet déjà vu son permis de conduire suspendu six mois par la préfecture de la Loire-Atlantique. Depuis, il fait donc « du covoiturage » pour aller travailler car il a « la phobie, avec la foule, dans les transports en commun ». Et il appréhende déjà le renouvellement de sa carte professionnelle « en 2026 » car « avec le CNAPS (ndlr. conseil national des activités privées de sécurité) ça ne passera pas) », même si son casier judiciaire était jusqu’alors vierge.

Fils d’un ancien capitaine de l’armée

À l’audience, ce jeune né à Liepāja (Lettonie) a pourtant dit avoir « un grand respect pour l’uniforme » : son père adoptif est un « ancien capitaine de l’armée » et sa mère adoptive « travaillait aux impôts ». Une famille « donc assez stricte », en a déduit son avocat. Lui-même est « secouriste sauveteur », a son « brevet de jeune sapeur-pompier » et œuvre dans les « services à la personne ». Le prévenu devait enfin « passer le concours » de la Direction interdépartementale des routes Ouest (DIRO) le 9 décembre 2025…

Dans ce « dossier pas banal », le procureur de la République avait requis douze mois de prison avec sursis probatoire, avec annulation du permis de conduire et interdiction de le repasser avant un an.

Cela ne lui fait pas interdiction de conduire un scooter de 50 cm3… Sinon, il lui reste le covoiturage et le vélo à assistance électrique.

Le magistrat.

Les faits étaient en tout état de cause « suffisamment graves » pour que la peine figure bel et bien sur la partie du casier judiciaire accessible aux employeurs.

Le tribunal est allé au-delà de ses réquisitions : il a écopé de dix-huit mois de prison avec sursis probatoire, avec annulation du permis et interdiction de le repasser avant deux ans. Son Dacia Duster lui a été confisqué, la peine sera inscrite sur la partie du casier judiciaire accessible aux employeurs et il devra régler 5 200 € d’amendes et de dommages et intérêts.

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