Redonner vie à des matériaux inertes, travailler le bois, tailler la pierre, façonner le métal mais aussi sculpter la glace, c’était la passion de sa vie, dont il a fait son métier, et qui a fait sa renommée. Artiste sculpteur bressan de réputation mondiale originaire du Jura, Jean-Claude Ramboz s’est éteint ce dimanche 11 janvier à l’âge de 85 ans.
Contremaître chaudronnier devenu enseignant en technologie au lycée professionnel Gabriel-Voisin à Bourg-en-Bresse, le professeur de transformation plastique également sculpteur de pièces métalliques s’était fait connaître dans les années 1980-1990 en participant à une vingtaine de concours internationaux de sculpture sur glace et neige. Un art sublimé, qui l’aura conduit, de concours en concours, de Valloire (Savoie, 1975) à Rovaniemi (Finlande), aux États-Unis (Breckenridge, Milwaukee, Rockford), en Suisse et en Autriche, ou encore en Russie.
« Le plus populaire »
Notre ancien confrère Jean-Paul Callamand l’avait accompagné en février 1995 pour sa quatrième participation au concours organisé sur la Place Rouge, à Moscou. À l’époque, Ramboz était devenu « le plus populaire des sculpteurs de l’éphémère », écrivait Le Progrès.
Presque 20 ans plus tard, en août 2014, le sculpteur de l’extrême, installé à Saint-Etienne-du-Bois, puis à Coligny, se remémorait dans nos colonnes les conditions dantesques de la compétition : « C’était très sportif, on était 24 équipes venues du monde entier. Je me rappelle que je travaillais à mains nues pour être précis. Les Canadiens étaient équipes de peaux de loups, et voulaient absolument me prêter des gants, mais avec des gants, je n’y arrivais pas ». Au Cercle polaire (Finlande), il aura même connu un concours à -47 degrés.
D’où lui venait cet amour du travail de la glace ? « Il y avait beaucoup de neige dans le Jura quand on était gamins. Pour moi, ça a commencé avec des bonhommes de neige », précisait Jean-Claude Ramboz en 2009, dans une interview à Bresse-TV , dans laquelle il expliquait avoir passé beaucoup de temps à récupérer de la ferraille dans les fermes, pour donner une deuxième vie à de vieux outils métalliques réassemblés pour les transformer en libellules, en écureuils, en fourmis… De jour comme de nuit. « Il m’arrive de descendre en pleine nuit à mon atelier pour dessiner à la craie une plaque de métal » racontait-il dans un autre article du Progrès , en juin 2000.
« Quelle que soit la matière »
De la glace ou du métal, « quelle que soit la matière, l’essentiel, c’est de la dompter », disait encore le sculpteur, ayant commencé tout petit, dans son Jura natal, à tailler des personnages dans des morceaux de bois, avec l’Opinel que lui avait payé son père boulanger. Cinquième d’une famille de dix enfants, et lui-même père de deux enfants, Jean-Claude Ramboz laisse derrière lui ces milliers de sculptures animalières, mais aussi de nombreuses structures métalliques monumentales, notamment ses fameux coqs, dont l’un d’eux a été offert par la mairie de Bourg-en-Bresse à la mairie de Bad Kreuznach dans le cadre du jumelage.