Le Festival cinéma Télérama s’installe du 21 au 27 janvier dans cinq cents cinémas partout en France. Si vous hésitez encore à profiter de ses séances à 4 euros, voici de quoi vous convaincre.
Publié le 14 janvier 2026 à 09h55
Partager
Favoris
Du mercredi 21 au mardi 27 janvier, le Festival cinéma Télérama revient dans cinq cents cinémas dans toute la France. Au programme, et pour 4 euros la séance, les films que l’on a préférés en 2025, le prix coup de cœur des moins de 26 ans ainsi que sept longs métrages en avant-première.
1. Le génie comique de Leonardo DiCaprio dans “Une bataille après l’autre”
Dans la frénésie thématique et visuelle du grand film de Paul Thomas Anderson (film préféré de la rédaction de Télérama en 2025 ET prix coup de cœur de nos jeunes lecteurs), il est une scène encore plus folle que les autres : celle où Bob, l’ancien révolutionnaire aux neurones abîmés par une consommation excessive de joints, se révèle incapable de se souvenir des codes secrets appris autrefois dans le Manuel de la rébellion. Leonardo DiCaprio y confirme un génie comique trop rarement exploité dans sa carrière.
Lire notre critique
“Une bataille après l’autre”, de Paul Thomas Anderson
2. La révélation Nadia Melliti dans “La Petite Dernière”
Quand Hafsia Herzi raconte à Télérama sa rencontre avec la future actrice de son troisième long métrage, sa parole se fait lyrique : « Sa présence, son énergie étaient inexplicables. Au-delà de sa beauté qui n’est pas commune, elle dégageait quelque chose d’une divinité égyptienne. » Il est vrai que, pour sa première apparition au cinéma, Nadia Melliti crève l’écran en jeune femme des cités qui veut concilier sa foi musulmane et son homosexualité. Après le prix d’interprétation au Festival de Cannes, le César de la meilleure révélation lui semble promis.
Lire notre critique
“La Petite Dernière”, d’Hafsia Herzi
3. La crise de trac de Renate Reinsve dans “Valeur sentimentale”
Dans le portrait de famille, d’une délicatesse exceptionnelle, que signe Joachim Trier, une scène séduit particulièrement. Nora (Reinate Reinsve, la révélation de Julie (en 12 chapitres), une nouvelle fois formidable), comédienne de théâtre de renom, est incapable d’entrer sur scène, paralysée par l’angoisse. Le public et les techniciens s’impatientent… Nora s’enfuit dans les coulisses avec un assistant, tente de lui sauter dessus pour une baise rapide, sans succès, puis… réclame une gifle ! La séquence est aussi surprenante que savoureuse.
Lire notre critique
“Valeur sentimentale”, de Joachim Trier
4. La transe techno de “Sirāt”
Oliver Laxe donne corps et matière à la techno expérimentale mais envoûtante, composée spécialement pour le film par Kangding Ray. Dans ce road-movie à la fois tellurique et métaphysique, le cinéaste espagnol met la musique, ses ondes, ses vibrations, en rapport avec la montagne et le désert marocain — les murs d’enceintes font penser à des colonnes de pierre — pour créer des paysages sonores. Fascinant.
Lire notre critique
5. Le voyage en Italie de “The Brutalist”
Le film monumental de Brady Corbet (plus de trois heures trente) est une succession de coups de force formels. Le plus impressionnant est, sans doute, le voyage à Carrare du héros architecte, László Tóth (Adrien Brody), parti chercher dans les montagnes italiennes le marbre idéal pour son projet de centre communautaire aux États-Unis. L’utilisation des décors naturels de Carrare est sidérante (l’atmosphère en devient presque fantastique), la métaphore de l’exploitation capitaliste qu’en tire le réalisateur, aussi.
Lire notre critique
“The Brutalist”, fresque stupéfiante
6. L’humour de Michel Fau, alias François Mitterrand, dans “L’Inconnu de la Grande Arche”
Pour incarner François Mitterrand dans cette chronique captivante sur le chantier mouvementé de la Grande Arche de la Défense durant les années 1980, Michel Fau a bien retenu la leçon de Michel Bouquet dans Le Promeneur du Champ-de-Mars (Robert Guédiguian, 2005) : en matière de jeu d’acteur, la composition est toujours plus pertinente que l’imitation. Fau ne ressemble pas du tout à Mitterrand. Mais son interprétation du président de la République en monarque à la fois hautain et d’un humour ravageur, manipulateur parfois cynique mais esthète sincère, est plus vraie que nature.
Lire notre chronique
“L’Inconnu de la Grande Arche”, de Stéphane Demoustier
7. La ville solaire de “La Trilogie d’Oslo : Amour”
Il peut faire beau, voire chaud, en Norvège : le soleil de l’été magnifie les rues d’Oslo dans le volet le plus émouvant de la trilogie sur le sentiment amoureux tournée par Dag Johan Haugerud dans la capitale norvégienne. L’environnement esthétique du film est si doux, si chaleureux, si réconfortant, qu’il est difficile de le quitter sans regret.
Lire notre critique
8. Le suspense d’“Un simple accident”
« La Guibole », le père de famille enlevé par Vahid, est-il vraiment le gardien de prison qui a torturé l’ancien militant pour la démocratie et ses amis quelques années plus tôt ? L’interrogation demeure tout au long du thriller-Palme d’or réalisé par Jafar Panahi au nez et à la barbe des mollahs iraniens. Un road-movie à bord d’un van où la tension, constante, n’exclut pas l’humour.
Lire notre critique
“Un simple accident”, de Jafar Panahi
9. L’intensité de Paula Beer dans “Miroirs n° 3”
Après Le Ciel rouge à l’été 2023, l’actrice berlinoise irradie à nouveau le cinéma de Christian Petzold dans ce conte sur le deuil très original, au fond grave et à la forme surprenante — le burlesque n’est jamais loin. Paula Beer, plus que jamais lumineuse malgré les failles de son personnage, réussit le prodige d’être à la fois magnétique et naturelle.
Lire notre critique
“Miroirs no. 3”, de Christian Petzold
10. Le Far West chinois de “Black Dog”
Avec cette satire sociale dans un coin de Chine — le désert de Gobi — qui ressemble au Far West, Hu Guan réinvente le western, dans une atmosphère subtilement apocalyptique. Comme dans la scène où des chiens dévalent une colline et provoquent le renversement d’un bus, qui rappelle une diligence s’effondrant dans la poussière. Des immeubles désertes, un zoo-parc d’attractions en ruine… autant de décors absurdes ou grandioses qui ressemblent à des pénitenciers vides ou à de drôles de saloons.
Lire notre critique
Avec “Black Dog”, Guan Hu réinvente le Far West dans le désert chinois
11. Le charme de Théodore Pellerin dans “Nino”
À l’affiche du premier long métrage de Pauline Loquès, l’acteur québécois bouleverse en jeune homme errant dans Paris, et dans les méandres de ses angoisses, à la suite de l’annonce d’un diagnostic de cancer. Sa grâce et sa vulnérabilité lui ont valu le prix de la révélation à la Semaine de la critique cannoise. En attendant le César ?
Lire notre critique
12. L’humanité de “Mémoires d’un escargot”
Comme dans l’extraordinaire Mary et Max, son précédent long métrage d’animation, en 2009, l’Australien Sam Elliot réserve les pires épreuves à ses personnages de paumés — ici, une jeune femme mal dans sa peau qui fut séparée de son frère jumeau à la mort de leur père. Mais avec quelle empathie, quelle bienveillance ! Sa tendresse pour tous les oubliés de l’existence, les invisibles, les infréquentables, touche au cœur.
Lire notre critique
“Mémoires d’un escargot” d’Adam Elliot
13. Le mélange des genres dans “L’Agent secret”
Si, contrairement à ce que le titre pourrait laisser croire, il n’y a pas d’espionnage à proprement parler dans L’Agent secret, le superbe film de Kleber Mendonça Filho mêle polar, thriller, mélodrame sentimental, pamphlet politique, comédie et même fantastique (ah, cette jambe poilue qui sème la terreur et le rire dans les rues de Recife !) dans un tourbillon de couleurs et de musique. Euphorisant.
Découvrir la note et la critique
“L’Agent secret”, de Kleber Mendonça Filho : un étourdissant thriller dans l’effroi de la dictature
14. L’audace de la jeunesse dans “Nouvelle Vague”
La Nouvelle Vague, c’est d’abord l’irruption de la jeunesse dans un cinéma français ronronnant. L’Américain Richard Linklater l’a bien compris dans sa reconstitution enlevée et pétillante du tournage d’À bout de souffle (1960). Où les inconnus Guillaume Marbeck (en Godard aussi arrogant qu’attachant) et Aubry Dullin (en Belmondo rieur et blagueur) restituent parfaitement la vitalité frondeuse du pari incertain mais excitant que représenta le premier long métrage du cinéaste aux lunettes noires.
Lire notre critique
“Nouvelle Vague”, de Richard Linklater
15. L’émotion de “Je suis toujours là”
Préparez vos mouchoirs pour découvrir cette évocation, entre chronique familiale et portrait de femme, de Rubens Paiva, ancien député travailliste brésilien victime de la dictature militaire, et de sa femme Eunice, qui s’est battue durant vingt-cinq ans pour que l’État reconnaisse la mort du « disparu ». Dans son parti pris classiquement (mais joliment) sentimental, Walter Salles ne lésine ni sur la musique, ni sur les reconstitutions pour susciter l’empathie. Avec brio.
Lire notre critique
“Je suis toujours là”, de Walter Salles
16. Les tubes revisités de “Partir un jour”
François Rollin qui chante Mourir sur scène, de Dalida, en épluchant des patates dans sa cuisine, Dominique Blanc qui reprend Paroles, paroles, de la même Dalida, dans un camping-car immobile… Voici quelques-unes des friandises « tubesques » offertes par Amélie Bonnin dans son emballant premier long métrage. Le clou du karaoké ? Juliette Armanet et Bastien Bouillon dans une version Holiday on Ice de Femme Like U, de K. Maro.
Lire notre critique
“Partir un jour”, d’Amélie Bonnin
17. L’intensité de Bastien Bouillon dans “À pied d’œuvre”
Un photographe gagnant bien sa vie décide tout arrêter pour se consacrer à l’écriture, au risque de la précarité sociale. Cette adaptation sensible et émouvante du roman autobiographique de Franck Courtès, présentée en avant-première, est portée par Bastien Bouillon, l’un des acteurs du moment les plus fascinants. Sa présence-absence gracile et le murmure de sa voix légèrement tremblée sont en soi littéraires.
Lire notre critique
“À pied d’œuvre”, de Valérie Donzelli
18. Les seconds rôles de “Baise-en-ville”
Martin Jauvat, le premier rôle de cette comédie pop et banlieusarde à découvrir en avant-première, est très drôle en adulescent en quête de permis de conduire. Mais le jeune acteur-réalisateur sait aussi mettre en valeur ses partenaires de jeu : William Lebghil en beau-frère qui passe difficilement à l’âge adulte, Michel Hazanavicius en parfait daron de pavillon, Sébastien Chassagne en patron « winner » de l’entreprise Allo Nettoyo et, surtout, Emmanuelle Bercot, démente en monitrice d’auto-école délurée.
À lire aussi :
Exclu : regardez la bande-annonce de “Baise-en-ville”, de Martin Jauvat
19. Les décors naturels du “Gâteau du président”
L’Irak est une terra incognita en matière de cinéma. La découverte en avant-première de cette belle fable sociale à l’époque de Saddam Hussein, Caméra d’or au dernier Festival de Cannes, est donc vivement recommandée. Ne serait-ce que pour découvrir l’étonnant cadre de vie de la petite Lamia, 9 ans : le delta du Tigre et de l’Euphrate, avec ses maisons sur pilotis et ses barques, superbement fimées par Hasan Hadi.
À lire aussi :
À Cannes, sept premiers films qui nous ont épatés
20. Le charisme de Debora Lobe Naney dans “Promis le ciel”
Aux côtés d’Aïssa Maïga (surprenante en pasteure évangélique) et de Lætitia Ky (émouvante en étudiante déracinée), la jeune actrice ivoirienne impressionne en jeune mère d’Abidjan contrainte de laisser sa fille au pays pour gagner sa vie dans une Tunisie de plus en plus hostile aux immigrés venus d’Afrique noire. L’émotion et la vitalité de ce film choral, présenté en avant-première, lui doivent beaucoup.
À lire aussi :
21. La comédie à feu doux de “The Mastermind”
Le cinéma de Kelly Reichardt (La Dernière Piste, First Cow) n’est pas franchement réputé pour son humour. On rit pourtant beaucoup devant son dernier long métrage, une déconstruction amusée du film de casse où un antihéros séduisant (forcément, c’est Josh O’Connor) organise le braquage d’un musée digne des Pieds nickelés. Avec un tempo comique tranquille… et irrésistible, à découvrir en avant-première.
À lire aussi :
Cannes : Kelly Reichardt s’amuse à déconstruire le film de casse avec “The Mastermind”
22. L’intensité de Frank Dillane dans “Urchin”
Pour son premier long métrage derrière la caméra, présenté en avant-première, l’acteur Harris Dickinson (Sans filtre, Babygirl) impose, d’emblée, un talent de mise en scène immersive pour suivre, à la manière d’un Ken Loach ou d’un Mike Leigh en herbe, les tentatives désespérées d’un jeune SDF toxicocame pour sortir de la pauvreté. Frank Dillane, qui l’incarne, n’a pas volé son prix d’interprétation à Un certain regard au dernier Festival de Cannes.
À lire aussi :
Au festival Nouvelles Vagues de Biarritz, des jeunes cinéastes qui se mouillent
23. L’hommage à Youssef Chahine dans “La Vie après Siham”
À la mort de sa mère, le réalisateur Namir Abdel Messeeh part à la découverte de l’histoire de ses parents égyptiens, venus en France dans les années 1970. Ce documentaire sensible et drôle sur la mémoire familiale et sur l’exil, présenté en avant-première, fait joliment écho au cinéma flamboyant du regretté Youssef Chahine, dont on célébrera le centenaire le 25 janvier.

Festival Cinéma Télérama 2026
Du 21 au 27 janvier, Télérama vous invite à (re)voir les meilleurs films de 2025, ainsi que sept films en avant-première, pour 4 euros.
Toutes les informations ici