Par

Laurent Fortin

Publié le

13 janv. 2026 à 8h55

Au départ, trois hommes avaient fait l’objet d’une « enquête préliminaire » pour « vérifier » leurs « agissements » alors qu’ils venaient « tout juste de sortir de prison », a commencé par recontextualisé le président du tribunal correctionnel de Nantes à la lecture des pièces du dossier. Ils étaient en fait soupçonnés de s’adonner au vol de véhicules « sur commande » et au « trafic de stupéfiants ». Pour cela, ils « sillonnaient la région nantaise et les départements limitrophes » en ayant « changé leurs plaques ».

Une Audi A3 avait ainsi été volée à Nantes, en avril 2016, chez son propriétaire, avant d’être « retrouvée incendiée » à Orvault. Entre-temps, des traces de géolocalisation avaient permis de repérer l’identité d’un homme impliqué dans cette affaire.

Des « pièces de monnaie » et des « bijoux », d’une valeur totale de 4 000 €, avaient ensuite été dérobés le 8 avril 2016 à Saint-Julien-de-Concelles chez un couple. Une « surveillance étroite » avait permis de retrouver le véhicule des voleurs à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu : là aussi, les traces laissées par des « vêtements », permettaient de faire le lien avec ceux volés dans « deux logements mitoyens ».

Le Covid met l’enquête sur pause

Un autre « vol de bijoux » et de « pièces de monnaie » avait également été déploré à Vertou, le lendemain des faits de Saint-Julien-de-Concelles. Un « balisage » policier avait toutefois pu être opéré sur la Mercedes AMG volée par la même occasion et ses occupants avaient ainsi été vus en train de s’affairer à de « nombreux transferts de marchandises ». Les enquêteurs avaient enfin relié les trois hommes au vol de « soixante cartouches de cigarettes » dans un bar-tabac de Saint-Etienne-de-Montluc.

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Une descente avait donc été menée chez la compagne d’un d’entre eux, à Saint-Sébastien-sur-Loire, où « résidait quotidiennement » à l’époque un « ami de longue date » ; des « objets volés à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu » y avaient alors été retrouvés. Un « ordinateur avec une connectique particulière pour reprogrammer les véhicules » avait aussi été retrouvé à Rezé sur le camp de gens du voyage où vivait, à l’époque, un troisième homme, le cousin par alliance du premier. Dans ces conditions, les trois hommes avaient été interpellés.

Deux avaient reconnu les faits. Mais l’un d’eux est mort en 2022 à l’âge de 26 ans, selon les avis d’obsèques. Quant au troisième, où la descente avait été effectuée à Saint-Sébastien, il a « contesté depuis le début » toute implication dans ce dossier et « la confrontation n’a pas permis » d’y voir plus clair, a fini par expliquer le président du tribunal correctionnel de Nantes.

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La crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 était alors survenue, et la remise en liberté sous contrôle judiciaire de tous les protagonistes au fil du temps a rendu le jugement de ce dossier moins prioritaire que d’autres… A l’audience, le troisième homme, a donc répété que « les enquêteurs ont dû se tromper » pour ce qui le concerne. Son ADN avait pourtant été retrouvé « sur un tuyau d’arrosage » qui avait servi à faire « un plein d’essence artisanal », avaient écrit « noir sur blanc » les enquêteurs, lui a fait observer le président.

« J’ai fui pour repartir de zéro »

C’est une erreur… Ça m’est d’ailleurs déjà arrivé qu’on essaie de m’imputer des faits que je n’ai pas commis.

L’un des prévenus aujourd’hui de 40 ans

Il indique perdre la vue à cause d’un glaucome (ndlr. maladie dégénérative du nerf optique).

Des enquêtes à charge j’en ai déjà subies. J’ai toujours assumé les conséquences de mes actes quand c’était moi.

Cet ancien mécanicien, qui a admis avoir fait « énormément de bêtises » par le passé, n’avait toutefois pas convaincu le procureur de la République : le magistrat était « chiffonné » par les « éléments troublants » et « curieux » collectés sur cette « équipe qui tapait ». Cet homme avait aussi 24 condamnations sur son casier judiciaire, notamment pour des « vols ».

Son complice a lui réitéré ses aveux à la barre, mais a expliqué avoir changé de vie ; il est désormais « technico-commercial » à son compte dans « les énergies renouvelables » sur Béziers (Hérault).

J’ai fui le 44 pour repartir de zéro.

Cet homme célibataire et sans enfant, qui avait été condamné dix-neuf fois par le passé.

On est sur de la délinquance dure, avec des gens chevronnés.

Le procureur de la République.

Un kilo d’héroïne avait notamment été retrouvé dans le véhicule de ce dernier.

Mais il faut reconnaître qu’ils ont eu une évolution positive depuis les faits, qu’ils en justifient, et que le temps a passé.

Le magistrat

Il avait donc proposé des peines de prison ferme « pour couvrir la détention provisoire » que les prévenus avaient déjà effectuée, assorties de douze mois avec sursis probatoire pour l’habitant de Saint-Sébastien et vingt mois avec sursis probatoire pour le Biterrois. Le tribunal s’est rangé à son avis en prononçant douze mois de prison ferme pour le premier et quatorze pour le second. Ce dernier s’est vu rajouter seize mois de prison avec sursis probatoire. Aucun des deux n’est donc reparti en détention à l’issue de l’audience.

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