En théorie, la formule de calcul de la Banque de France devrait conduire à une baisse des différents taux de l’épargne réglementée, dont celui du livret A, actuellement à 1,7%.

Une baisse attendue. La révision des taux des livrets d’épargne réglementée, dont le livret A, sera annoncée jeudi et le livret d’épargne populaire (LEP) gardera un «avantage marqué», a indiqué mercredi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. En théorie, la formule de calcul devrait conduire à une baisse des différents taux de l’épargne réglementée.

«Je proposerai demain (jeudi) au ministre des Finances un taux du livret A qui restera significativement supérieur à l’inflation, et un avantage marqué pour le livret d’épargne populaire, dont je me permets de souligner qu’il est le vrai produit, le plus avantageux, d’épargne populaire», a déclaré le gouverneur lors de son audition par les sénateurs de la commission des Finances.


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Actuellement à 1,7%, le rendement du livret A, aussi valable pour le livret de développement durable et solidaire (LDDS), sera calculé par la Banque de France, à qui il ne manque que les données de l’inflation pour le mois de décembre, qui seront publiées par l’Insee jeudi matin. L’inflation s’établit en France en décembre «à 0,7% selon l’indice harmonisé, en deçà de la moyenne européenne de 2%», a précisé mercredi le gouverneur. Charge ensuite au ministre de l’Économie Roland Lescure d’avaliser ou non la proposition de la Banque de France, vraisemblablement dans la journée de jeudi.

Livret A : de combien son taux va-t-il baisser au 1er février ?

Un taux d’épargne qui reste élevé

Le LEP, soumis à des conditions de ressources, est rémunéré à 2,7% depuis le 1er août dernier. Auparavant, il était de 3,5%. Pour François Villeroy de Galhau, «l’incertitude actuelle entretient un taux d’épargne encore très élevé, à 18,4% au troisième trimestre 2025, soit 3 points au-dessus de son niveau pré-Covid». Cependant, «qualitativement surtout, l’épargne doit être mieux allouée vers le bon financement de notre économie», a-t-il estimé.

«La France ne manque pas de crédits», a-t-il relevé, mais «la France et plus largement la zone euro manquent de fonds propres et de capital-risque, qui sont essentiels aux entreprises pour innover». «Le financement en fonds propres des sociétés non financières ne représente que 85% du PIB en zone euro, contre 220% aux États-Unis», a-t-il précisé.