🕒 Article publié le 14 janvier 2026

✅ Mis à jour le 14 janvier 2026

Impossible de visiter Bordeaux sans passer par le Miroir d’eau. Traversé pieds nus, photographié des milliers de fois, utilisé comme refuge lors des fortes chaleurs, ce lieu emblématique fête ses 20 ans en 2026. Deux décennies pour un aménagement urbain devenu, presque sans le vouloir, le symbole numéro un de la ville.

Le Miroir d’eau de Bordeaux de nuit et la Place de la Bourse © Steve Le Clech – OTCBM

Une histoire née d’un pari urbain audacieux

Le Miroir d’eau est inauguré en 2006, dans le cadre du vaste projet de réaménagement des quais. L’objectif ? Redonner aux Bordelais l’accès à la Garonne, longtemps confisquée par la circulation et les parkings. Installer une vaste surface d’eau face à l’un des ensembles architecturaux les plus prestigieux du XVIIIᵉ siècle relève du pari. À l’époque, le projet ne fait donc pas l’unanimité. Tandis que certains y voient un gadget, d’autres s’inquiètent de l’entretien et de la sécurité. Très vite pourtant, l’espace est adopté, incarnant aujourd’hui la nouvelle relation entre Bordeaux et son fleuve.

Le plus grand miroir d’eau d’Europe

Avec ses 3 450 m², le site bordelais n’est pas seulement un décor spectaculaire : il détient aussi un record. Il est aujourd’hui considéré comme le plus grand miroir d’eau d’Europe. Cette dimension exceptionnelle participe largement à son impact visuel. Pour les amateurs de photographies, c’est également un hotspot. En effet, la place de la Bourse s’y reflète dans son intégralité, offrant une perspective unique sur l’architecture classique. C’est d’ailleurs ce gigantisme maîtrisé qui explique pourquoi le site est devenu l’un des plus photographiés de France.

Comment fonctionne le Miroir d’eau

Derrière son apparente simplicité se cache un dispositif technique particulièrement sophistiqué. L’eau est stockée en souterrain dans un réservoir d’une capacité de 800 m³. À l’aide de pompes, elle est remontée à la surface puis distribuée à travers une centaine de canaux dissimulés sous la dalle. L’eau s’écoule ensuite par les joints pour se répandre uniformément sur toute la surface. Après un temps programmé par ordinateur, un système d’électrovannes permet à l’eau de retourner dans le réservoir afin de retrouver une température optimale. De là, le brouillard se déclenche : près de 900 injecteurs, placés au centre de chaque dalle, diffusent une fine brume, avant que l’effet miroir ne reprenne le relais.

Skimmer sur le Miroir d'eau, un sport populaire à Bordeaux

Skimmer sur le Miroir d’eau, un sport populaire à Bordeaux © @jejeplex – OTCBM

Ce qui fait le prestige du Miroir d’eau, 20 ans après

S’il traverse les années sans perdre de son attrait, c’est parce qu’il remplit plusieurs fonctions essentielles à la vie urbaine :

  • Offrir à la fois un lieu de contemplation, de fraîcheur et de sociabilité.
  • Proposer une expérience libre, sans usage imposé, accessible à tous.
  • Transformer le paysage selon les heures, les saisons et la météo.
  • Incarner la rencontre entre patrimoine historique et modernité.

Un anniversaire qui raconte Bordeaux

Les 20 ans du Miroir d’eau racontent aussi l’évolution de Bordeaux elle-même. D’une ville longtemps qualifiée de “belle endormie”, elle est devenue une destination touristique majeure, attractive et vivante. Le monument en est ainsi l’image la plus immédiatement reconnaissable. Plus qu’un aménagement urbain réussi, il fait partie de l’identité bordelaise, et ce, tant en France qu’à l’international. Vingt ans après sa création, le Miroir d’eau n’a rien perdu de sa force. Il continue de rassembler, de surprendre et de définir Bordeaux par un simple jeu de reflets.

Cet article vous plaît ? Partagez-le ! 💛