Donald Trump envisage d’acquérir le Groenland, et “utiliser l’armée” fait partie des options1. Une police fédérale de l’immigration

L’ICE (Immigration and Customs Enforcement) est une agence fédérale rattachée au Department of Homeland Security (Département de la Sécurité intérieure des États-Unis), chargée d’appliquer une partie des lois sur l’immigration et de mener des enquêtes criminelles liées à la sécurité intérieure (trafics, fraudes, etc.). Sa mission officielle est de “protéger la sécurité nationale et la sécurité publique” en exécutant les lois liées aux frontières, à la contrebande et au séjour des étrangers.

MINNEAPOLIS, MINNESOTA - JANUARY 12: A cyclist rides past posters of Renee Good January 12, 2026 in Minneapolis, Minnesota. Good was shot and killed by federal agents during a brief altercation with federal agents on July 7, in Minneapolis.   Scott Olson/Getty Images/AFP (Photo by SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP) ©2026 Getty Images2. Née de l’après‑11 septembre

L’ICE a été créée en 2003, dans le cadre du Homeland Security Act adopté après les attentats du 11 septembre, en fusionnant des fonctions de l’ancienne Immigration and Naturalization Service et des douanes. Elle s’inscrit dans la logique de “guerre contre le terrorisme”, ce qui a durablement teinté sa culture interne, sa rhétorique sécuritaire et l’ampleur de ses pouvoirs.

3. Deux bras opérationnels : HSI et ERO

L’agence repose sur deux grandes composantes : Homeland Security Investigations (HSI), chargée des enquêtes sur la criminalité transnationale (drogue, traite d’êtres humains, exploitation d’enfants, etc.), et Enforcement and Removal Operations (ERO), qui gère les arrestations, la détention et les expulsions. La majorité des controverses publiques visent ERO, à l’origine des arrestations dans les quartiers, des transferts depuis les prisons locales et de l’organisation des vols de renvoi.

L’Amérique en 2026 : Jusqu’où ira le trumpisme ?4. Une scène de tirs à Minneapolis

À Minneapolis, Renee Nicole Good, 37 ans, poète, mère et résidente locale, a été tuée d’une balle dans la tête par un agent de l’ICE alors qu’elle se trouvait au volant de sa voiture, sur une rue résidentielle du sud de la ville. Selon les informations disponibles, son véhicule bloquait la route ; un agent s’est approché à pied, la voiture a commencé à avancer, et l’agent a tiré au moins deux fois avant que la voiture ne s’écrase.

A woman visit a makeshift memorial honoring Renee Nicole Good and other victims of police and immigration enforcement violence outside a home along Portland Avenue South in Minneapolis, Minnesota, on January 11, 2026. A US Immigration and Customs Enforcement (ICE) agent shot and killed 37-year-old Renee Nicole Good on the streets of Minneapolis on January 7, leading to huge protests and outrage from local leaders who rejected White House claims she was a domestic terrorist. (Photo by Kerem YUCEL / AFP) ©AFP or licensors5. Un historique lourd d’abus et d’impunité

Des ONG comme l’ACLU et des cliniques juridiques documentent depuis des années des arrestations agressives, des séparations familiales, des mauvais traitements en détention et une pression psychologique assimilée à une forme de terreur d’État

6. Une agence de plus en plus militarisée

Les agents ERO se déplacent souvent en tenue civile, masqués, dans des véhicules banalisés, ce qui contribue à l’image d’une force quasi secrète intervenant au cœur des communautés, parfois loin de la frontière. Les opposants décrivent l’ICE comme une police militarisée dont les opérations médiatisées, les raids à l’aube et les campagnes de communication visent à “semer la peur” bien au‑delà des seuls migrants visés.

Pétrole au Venezuela : Trump veut croquer aux richesses du pays de Maduro… Mais quels sont les pays qui possèdent les plus grandes réserves au monde ?7. Une institution de plus en plus contestée

Depuis 2018, et de nouveau en 2025, des manifestations massives et des campagnes politiques demandent la réforme radicale, voire la suppression pure et simple de l’ICE, jugée “irréparable” par certains juristes et défenseurs des droits. L’affaire Renee Good devient un symbole de cette dérive : pour ses critiques, elle illustre comment un appareil construit au nom de la sécurité nationale en vient à tuer une mère de famille non armée dans une rue résidentielle, tout en cherchant à contrôler le récit par la peur et la stigmatisation.

8. Une version officielle immédiatement contestée

L’administration Trump a affirmé que la conductrice avait “violemment” roulé sur un agent, la présentant comme responsable de sa propre mort, et le secrétaire à la Sécurité intérieure l’a même qualifiée de “terroriste intérieure”. Le maire de Minneapolis Jacob Frey et le gouverneur Tim Walz, qui ont vu les images, accusent Washington de mentir, parlent de “propagande” et dénoncent un agent ayant “utilisé de façon irresponsable son pouvoir” plutôt qu’un tir de légitime défense.

NEW YORK, NEW YORK - JANUARY 11: Thousands of people participate in a �No Kings� protest against the policies, both foreign and domestic, of the Trump administration in Manhattan on January 11, 2026 in New York City. Protests have broken out across the nation over the Trump administration�s recent actions in Venezuela and the shooting death last week of Renee Good by an Immigration and Customs Enforcement (ICE) officer in Minneapolis, Minnesota.   Spencer Platt/Getty Images/AFP (Photo by SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP) ©2026 Getty Images9. Un mot d’ordre : “Abolish ICE”

Le slogan “Abolish ICE” est devenu un mouvement politique structuré à partir de 2018, dans le sillage du scandale des séparations familiales à la frontière. Ses partisans ne se contentent pas de demander la dissolution de l’agence : ils militent pour dépénaliser une partie de la migration, réduire la détention, démanteler la logique carcérale et refonder une politique migratoire plus humaine.

10. Montée en puissance sous Trump 2.0

En 2025, les arrestations de l’ICE ont déjà dépassé les 100.000 et tournent autour de 20.000 par mois, soit environ le double du rythme moyen de 2024 sous Biden. Le nombre de personnes détenues par l’ICE est passé d’un peu plus de 20.500 début 2023 à plus de 56.000 en juin 2025, avec une accélération claire après l’investiture de Trump. Dès janvier 2025, la Maison-Blanche a donné instruction à l’ICE d’augmenter drastiquement les arrestations, avec des quotas de 75 interpellations par jour et par bureau régional, puis des objectifs allant jusqu’à 3.000 arrestations quotidiennes au niveau national.

L’administration a prévu plus de 170 milliards de dollars jusqu’en 2029 pour ICE et la Border Patrol, afin d’embaucher des milliers d’agents, d’ouvrir plus de centres de détention et d’intensifier les raids sur les lieux de travail et dans les prisons locales.