INFO LE FIGARO – Des vidéos virales montrant Koba LaD jubilant dans sa cellule ont été partagées sur les réseaux, certains y voyant un défi lancé à l’administration pénitentiaire. Mais les extraits n’ont pas été tournés dans sa prison actuelle. Son avocate a porté plainte.
Un sourire jusqu’aux oreilles, le rappeur Koba LaD sautille dans sa cellule, hilare après une supposée fouille des surveillants pénitentiaires. La vidéo a été largement relayée sur les réseaux sociaux ces derniers jours, accompagnée de commentaires affirmant qu’il ferait un «pied de nez au système». L’artiste, de son vrai nom Marcel Junior Loutarila, est actuellement incarcéré à la prison de Meaux Chauconin-Neufmontiers (Seine-et-Marne), à l’isolement, à la suite de sa condamnation pour homicide involontaire pour laquelle il a fait appel. En réalité, l’extrait n’a pas été tourné dans cet établissement pénitentiaire. Son avocate a porté plainte ce mercredi midi, révèle Le Figaro.
Sur les images, le rappeur se situe dans une cellule en désordre, jonchée de bouteilles de soda, de vêtements ou de paires de chaussures. Sur une autre, il serait en train d’ouvrir des colis de Noël reçus en détention. Malgré la pagaille, l’administration pénitentiaire est formelle: ces séquences n’ont pas été tournées à Meaux. L’une a été tournée «au centre pénitentiaire de la Seine-Saint-Denis (NDLR: maison d’arrêt de Villepinte), où il y était détenu entre le 16 avril 2025 et le 24 novembre dernier», nous indique-t-on. «Au cours de cette période, il a fait l’objet de plusieurs comparutions en commission de discipline pour des détentions de téléphone portable. Il a été sanctionné à chacune de ses comparutions», insiste l’administration pénitentiaire, ajoutant que c’est justement l’introduction de téléphones portables qui lui a valu son placement au quartier d’isolement, comme nous vous le révélions en novembre dernier.
«Ces publications avaient pour but de lui nuire publiquement»
Les vidéos ont été partagées sur le réseau social Snapchat par plusieurs comptes, dont «Illanmgo», «Wsh.of», «des comptes qui se font passer pour lui», dénonce son avocate Me May-Sarah Vogelhut. Actuellement, la cellule du rappeur est fouillée «deux à trois fois par jour». «Ces publications avaient pour but de lui nuire publiquement», s’insurge-t-elle. Elle a donc déposé plainte ce mercredi midi dans un commissariat de la capitale pour «usurpation d’identité». La pénaliste s’interroge sur le calendrier de cette diffusion sur les réseaux sociaux alors que la défense du rappeur tente d’obtenir un aménagement de peine. En parallèle, Me Vogelhut a dénoncé dans sa plainte des faits d’escroquerie visant des comptes Snapchat utilisant le nom de scène de son client pour inciter des internautes à «investir sur des sites qui s’avèrent être frauduleux».
En juin 2025, le rappeur Koba LaD a écopé de six ans de prison pour un accident de la route mortel dans lequel il a reconnu être «en faute». Au volant d’une berline de luxe et testé positif au cannabis, il avait percuté à grande vitesse un camion à l’arrêt sur une bretelle de sortie d’une station essence en septembre 2024, sur l’autoroute A86. Dans l’accident le passager avant, William Dogbey, 30 ans, un ami proche, avait été tué, tandis que la petite amie du défunt, assise à l’arrière, avait été légèrement blessée. En parallèle, il est mis en examen dans l’enquête tentaculaire sur l’évasion de Mohamed Amra pour «association de malfaiteurs en vue de commettre un délit», un délit passible de cinq ans de prison. Dans cette procédure, il a bénéficié d’un placement sous contrôle judiciaire, à l’inverse des principales figures du dossier.