C’est une première symbolique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : la France a compté moins de naissances que de décès en 2025. Cette mortalité supérieure à la natalité joue sur le renouvellement générationnel : sans les nouveaux arrivants, notre nombre d’habitants diminuerait, pour la première fois.
Les chiffres pour 2025 ne sont pas encore disponibles pour la Bretagne. Quoi qu’il en soit, ce seuil marquant a déjà été franchi il y a plusieurs années, dans la région. Dix ans avant la bascule nationale, dès 2015, le nombre de naissances domiciliées dans la région est passé sous celui des décès. Ce solde naturel, comme l’appellent les démographes, est devenu négatif.
Et depuis ? Loin de basculer dans l’autre sens, la tendance s’est, au contraire, accentuée. Les statisticiens s’y attendaient. « Le solde naturel négatif constaté en 2015 n’est pas qu’un simple événement conjoncturel », pointait l’Insee dans son bilan annuel sur les chiffres de l’état civil. « Il s’inscrit dans des tendances structurelles, avec des baisses régulières du nombre de naissances et une hausse des décès. »
En 2024, un seul département breton échappait encore à ce surnombre des décès sur les naissances : l’Ille-et-Vilaine. Pour combien de temps ? Ce territoire avait enregistré 1 500 naissances de plus que de décès cette année-là, un excédent qui s’érode également, depuis 2023, signe d’une tendance régionale de fond.
Vieillissement lié au baby-boom
Une cause majeure à ces virages démographiques : le baby-boom. L’arrivée des nombreuses personnes nées dans les décennies 1950 et 1960 à des âges élevés pèse sur la population. C’est le cas en Bretagne, comme dans la plupart des régions françaises et des pays en Europe. L’allongement de la durée de la vie joue également sur ce phénomène.
Une baisse de la fécondité qui dure
La baisse de la fécondité, quant à elle, jouait déjà un rôle il y a une décennie : à cette date, un mouvement de repli des naissances était observé depuis 2010 dans toute la France et plus particulièrement dans les régions de la moitié nord, dont la Bretagne. Cette baisse n’a pas cessé, depuis, à l’exception du sursaut des naissances après l’année 2020 marquée par une crise sanitaire et de longues périodes de confinement. La tendance suit celle observée au niveau national, en restant un peu plus marquée.
Deux éléments peuvent jouer sur cette fécondité en baisse : le nombre d’enfants par femmes, mais aussi le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants. Sur les années récentes, c’est bien la baisse du nombre moyen d’enfants qui explique très largement la baisse de fécondité. Entre 2006 et 2023, la variation du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants expliquait moins d’un cinquième de la baisse des naissances en Bretagne.