Ce roi du tatami a fait transpirer plusieurs promotions d’élèves. À 57 ans, Christophe Pinna compte parmi les figures incontournables de la Star Academy sur TF1, alors que l’édition 2025 du télé-crochet animé par Nikos Aliagas rythme les samedis soir de la chaîne depuis mi-octobre. Professeur de sport durant quatre saisons, le champion du monde de karaté a marqué le programme musical par son exigence, sa bienveillance et sa vision du sport comme moteur de dépassement de soi. Entre souvenirs, avis tranché sur l’émission et envies télévisuelles, le Niçois, rare dans les médias, a répondu avec sincérité aux questions de Télé-Loisirs sur son inoubliable aventure à la Star Academy.

« Ce n’est pas un super souvenir » : Christophe Pinna confie son regret concernant sa dernière saison dans la Star Academy

Télé-Loisirs : Êtes-vous issu d’une famille de sportifs ?
Christophe Pinna :
Mon père l’était, mais j’ai grandi avec une mère atteinte d’un cancer du sein puis d’un cancer généralisé. Elle a beaucoup souffert toute sa vie. Quand ma mère est morte [des suites d’un cancer généralisé, NDLR], j’avais 17 ans et j’étais dans une école religieuse. Mon père travaillait la nuit et mon frère avait sa vie. Je dînais souvent chez l’un de mes professeurs le soir pour ne pas être seul. Ils ont été un vrai soutien dans cette épreuve. À cette période, le karaté était toute ma vie. Quand j’ai perdu ma mère, ce qui n’était qu’une passion est devenu une béquille grâce à laquelle je me suis construit.

Votre dernière saison de Star Academy remonte à 2008. Comment l’avez-vous vécue ?
Cette année-là, nous n’étions plus au château de Dammarie-les-Lys, mais dans le Marais, en plein cœur de Paris. Ce n’est pas un super souvenir car c’était difficile de faire du sport, et tout était compliqué, même pour la production. Cette année-là, ils avaient aussi fait venir Marine Méchin [coach de développement émotionnel au cours de la saison 8, NDLR]. Je crois que son rôle devait être de faire se disputer les élèves entre eux. Je n’ai jamais vraiment trop compris à quoi elle servait. Un jour, en plein prime, j’ai pris la parole pour l’attaquer. J’avais déjà en tête d’arrêter l’émission. J’aime les ondes positives et ce n’était plus le cas. La production était sans doute en difficulté et je ne veux pas leur jeter la pierre, mais je ne pense pas que les clashs n’étaient pas la solution.

L’après-Star Academy a-t-elle été une période compliquée pour vous ?
Non. Quand on m’a prévenu que l’émission n’était pas renouvelée, je me suis dit que c’était la vie et j’ai continué à avancer.

Êtes-vous encore en contact avec certains élèves ?
Je suis toujours en lien avec ceux de la saison 5. Maud m’a demandé de participer à son podcast récemment. Je suis aussi en contact avec Quentin Mosimann qui m’écrit quand il fait des concerts près de Cannes. Il y a toujours énormément de respect entre nous, c’est très agréable.

« Ça me plairait » : cette émission à laquelle Christophe Pinna (Star Academy) aimerait participer

Lors du retour de l’émission en 2022, Raphaëlle Ricci, professeure d’expression scénique emblématique, avait dit qu’elle ne voulait plus en entendre parler. Comprenez-vous son choix ?
Je ne me permettrais pas de répondre à sa place, mais je pense que c’est une personne entière. Elle a essayé de faire du mieux qu’elle a pu en étant la plus franche et transparente possible avec les élèves. Les gens ont sûrement cru que c’était de la méchanceté alors qu’elle avait le souci de les faire avancer. Raphaëlle avait conscience qu’on était court dans le temps et il arrive qu’on emploie des mots un peu rudes. Elle a cru en ce qu’elle faisait. Elle était allée au bout de ses convictions et certaines critiques ont dû la blesser profondément. Aujourd’hui elle se protège, c’est comme ça que je l’interprète.

Regardez-vous encore le programme aujourd’hui ?
Un peu moins car j’ai du mal à comprendre la place du sport. On dirait que c’est de l’occupationnel, du jeu, contrairement à mon époque. On ridiculise le sport et le prof par la même occasion. Quand je vois ça, ça me fait mal. En revanche, je n’ai rien contre Ladji Doucouré, un grand athlète que je respecte énormément. Pour moi, la Star Ac’ est une école d’excellence et tout ce qu’on fait doit être dans l’intérêt des élèves pour les faire progresser. Le sport en fait partie.

Avez-vous été contacté pour le 200e prime diffusé le 3 janvier dernier ?
Non et ce n’est pas grave. La Star Ac’ est une grande famille, mais ce n’est pas toute ma vie. Je les aime, que je sois invité ou non. Et puis, est-ce que j’aurais eu ma place ? Je n’ai jamais noté les élèves. Et puis, il n’y a rien eu de spécial en lien avec le sport. J’imagine qu’ils devaient faire des choix. En revanche, j’étais présent parmi les professeurs « charismatiques », comme ils ont dit, pour les 20 ans de l’émission. Ça m’a fait très plaisir.

À quoi ressemble votre vie aujourd’hui ?
Je cours tout le temps, jusqu’à ces derniers temps… Je donne des stages de karaté à travers le monde. J’ai aussi une société d’événementiel. En parallèle, j’écris un programme d’activité physique adaptée pour les personnes en perte d’autonomie dans les EHPAD. C’est l’un des seuls programmes reconnus comme un moyen thérapeutique non médicamenteux en France. Mais mon fil rouge, c’est le sport.

La télé vous manque-t-elle ou avez-vous définitivement tourné la page ?
Au moment de la Star Ac’, je faisais d’autres émissions. J’animais The biggest Loser sur Téva. J’ai aussi fait Génération mannequin sur M6 et Ultimate Girls sur TF6, en plus de toutes les émissions pour faire la promotion de la Star Ac’. J’en ai eu un peu ras-le-bol… Je recevais aussi des propositions d’émissions sur le coaching et l’alimentation. Finalement, je suis sorti du circuit avec les années. Et il y a deux ans environ, mon envie de faire de la télé est revenue, mais je n’avais plus rien. [Il rit.] Si demain on me propose une émission d’aventure comme Koh-Lanta, Pékin Express ou La carte aux trésors en tant que présentateur ou même candidat, ça me plairait.